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Jeux de cartes ? Jeux de société ? Jeux vidéo ?... ou Jeux psychologiques ? Les jeux psychologiques tels que définis par l'Analyse Transactionnelle (A.T.), n'ont rien d'une partie de plaisir, bien au contraire ! Ces jeux-là, basés sur une forme de manipulation inconsciente, ne sont pas drôles : les deux joueurs en ressortent insatisfaits. Alors pour quelles raisons y jouons-nous ?
Qu’est ce qu’un jeu psychologique ?
Selon Eric Berne, fondateur de l'A.T., un jeu psychologique est une stratégie périmée de l'enfance, que nous répétons à l'âge adulte, de façon inconsciente, au lieu de réellement communiquer à l’autre notre ressenti, nos vraies pensées... C’est donc un échange verbal pernicieux, qui peut pourtant avoir l’air anodin, mais dans lequel les deux protagonistes vont jouer inconsciemment les rôles de Sauveur, de Persécuteur, ou de Victime.
Pourquoi joue-t-on ?
Nous jouons parce qu’au fond, il existe un bénéfice : c’est une façon de ne pas vraiment dire ce que l’on a sur le cœur. Si l’on ne parvient pas à donner à l’autre son ressenti, à dire son malaise, à verbaliser une sensation gênante sans tomber dans l’accusation, alors on utilise quasi automatiquement le jeu psychologique et son terrible « triangle dramatique » constitué des 3 rôles précités. Les jeux psychologiques sont très répandus, et au fond très pervers. Voici quelques clés pour les repérer…
Le démarrage du jeu…
Tout jeu commence en général par un appât (un piège). Je lance mon appât et j’attends que l’autre morde à mon hameçon… L’autre, de son côté, peut très bien ne pas entendre cet appât ou choisir de ne pas rentrer dans le jeu et de « glisser dessus » mais s’il mord à l’hameçon, alors le jeu commence…
Un exemple concret : Bernadette aimerait que son mari Bernard passe plus de temps avec elle, elle aimerait entendre qu’il la trouve encore jolie, elle aimerait recevoir plus de tendresse de sa part. Seulement Bernadette n’a jamais réussi à communiquer à Bernard ses vraies émotions… Souvent, elle n’a même pas conscience qu’il serait bénéfique de lui parler de tout ceci, et qu’elle en ressortirait soulagée.
Voici comment peut se dérouler un jeu entre Bernadette et son mari Bernard :
Bernadette - Bon… eh bien j’ai tout rangé toute seule puisque tu étais encore au téléphone…
Nous avons là un bon mélange de Victime tout d’abord, puis de Persécuteur ensuite, avec un reproche sous-jacent, et 3 appâts facilement identifiables.
Bernard - Rhooo !! C’est pas possible !! Si seulement « Madame » était capable de patienter 5 minutes, j’aurais pu venir l’aider !
Bernard a mordu à l’hameçon, il répond alors en tant que Persécuteur à son tour, en semant de nouveaux appâts, sur lesquels se jette Bernadette :
Bernadette – 5 minutes ? Non mais tu plaisantes ? Ça fait une heure que tu discutes moteur avec ton collègue ! (Persécuteur) et moi, je rentre crevée après une journée éreintante au boulot, et je me coltine tout… (Victime)
Bernard – Et oui, j’ai toujours eu tous les défauts du monde de toutes façons… mais c’est pas nouveau : ici ou au boulot, personne ne se met à ma place… (Victime) Allez, bon, puisque c’est comme ça, prend ton manteau, je t’emmène au resto ! ça te va ? (Sauveur)
Résultat des courses : Bernadette n’a pas dit ce qu’elle avait réellement sur le coeur (le souhait de
passer plus de temps avec son mari, etc.) elle sort donc du jeu frustrée, insatisfaite. Bernard, lui, agacé,
a rompu le jeu en se positionnant en Sauveur, mais rien n’est arrangé pour lui non plus…
Comment sortir d’un jeu psychologique ?
Quelques jeux courants :
Il existe bien sûr des centaines et des centaines de jeux psychologiques, néanmoins, certains d’entre eux sont très récurrents. Ils ont été listés par les experts de l’A.T., et nommés. En voici certains :
"Jambe de bois"
Le joueur montre à l’autre sa jambe de bois : il met l’accent sur tout ce qui lui arrive d’ennuyant ou de terrible. « Non, je ne peux pas venir avec vous ce soir, ma voiture est encore en panne, d’ailleurs le garagiste m’a demandé 200 euros alors que je n’ai plus un sou, j’ai tout utilisé pour payer ma dernière opération du genou vu que ma mutuelle ne m’a quasiment pas aidé. Puis je n’ai plus rien à me mettre pour sortir à part des guenilles, et sincèrement regarde un peu ma ligne : j’ai pris 6 kilos ces derniers mois… En plus, tu sais bien que je ne vais rien pouvoir manger de tout ce qu’on va me proposer avec mon diabète… Ah ça, c’est sûr que si Jean-Jacques arrêtait de me tromper, je n’en serais pas là… » En jouant à ce jeu, cette personne incarne à merveille le rôle de la Victime et fait savoir qu’on ne peut rien attendre d’elle. Son but inconscient est de se faire plaindre et/ou de montrer qu’elle n’a pas la responsabilité de résoudre ses propres problèmes.
"J’essaie seulement de t’aider"
Le joueur cherche à montrer que si seulement on l’écoutait, tous les problèmes seraient résolus. Son but est de s’étonner, au final, que les gens ne lui soient pas plus reconnaissants, afin de s’autoriser un certain dédain et se sentir en position de supériorité. On entend alors les termes suivants : « Oh mais c’est simple, il suffit que tu… », « Moi à ta place, je ferais tout le contraire… » ou « Voilà ce que tu vas faire… » ou encore « Tu devrais plutôt agir comme cela… » Il passe de la position initiale de Sauveur, à celle de Victime, voire même Persécuteur s’il l’on refuse ses conseils.
"Regarde ce que tu m'as fait faire »
Le joueur prétend que ce qui lui arrive n’est pas de sa responsabilité, « C’est pas ma faute, j’ai suivi son conseil ! » Son but est de se débarrasser de sa propre peur en culpabilisant quelqu’un d’autre pour ne surtout pas être fautif.
"Pardonne-moi"
Le joueur de ce jeu collectionne les gaffes pour ensuite se faire pardonner. Son but peut être, soit effectivement de recevoir l’attention de l’autre et son pardon, soit d’être remis à sa place, et d’être ainsi confronté à une limite. Une bonne voie pour tenter d’arrêter le jeu : l’humour : « Puis-je te donner autre chose à casser ? »
"Je te pardonne"
Le joueur de ce jeu trouve un moyen de se faire maltraiter pour ensuite être dans le rôle de celui à qui l’on demande des excuses, et se sentir investi du pouvoir d’accorder son pardon.
N’oubliez pas que dans beaucoup de cas, les jeux sont inconscients, et souvent le joueur ne se trouve pas dans une grande lucidité quant au bénéfice qu’il cherche à en retirer. Vous êtes invités à rester indulgents et le coeur ouvert avec votre entourage comme avec vous-même quand vous repérez ces jeux…
Deux questions peuvent aider à se rendre compte par soi-même de la présence des jeux dans sa vie :
1) Quel est le message caché que je cherche à envoyer en disant cela ?
2) Quel est le message caché que l’autre est en train de m’envoyer ?
Jessica Maurin
Relation d’aide // Psychothérapie
- à voir : le film "Oui Mais" avec Gérard Jugnot et Emilie Dequenne
- à lire : "Des jeux et des hommes" d’Eric Berne, fondateur de l’A.T.
L’auteur évoque ici sa longue expérience de jeunesse du monde souterrain et de la recherche des cristaux.
Ce qui frappe tout d’abord, devant l’entrée d’un petit boyau s’enfonçant dans le sol, c’est la pénombre qui y règne. Là s’arrête la lumière du jour. C’est la frontière avec un autre monde, c’est physiquement évident. Le monde des ténèbres ? Et il y a aussi toute cette terre, cette roche, prête à nous ensevelir. La répulsion peut être telle qu’il est impossible d’aller plus loin. Et en même temps quelque chose nous attire. La voûte a l’air solide, glissons-nous à l’intérieur...
Rampons un peu. L’obscurité s’épaissit, la nuit gagne, notre coeur accélère. Nous ne sommes pas encore engloutis, à première vue tout va bien. Plus ou moins vite, immobiles, nous retrouvons notre calme. Peut-être préférons-nous ressortir, mais peut-être cette étrange attirance revient-elle. Nous rampons à nouveau, ou marchons, le voyage s’approfondit. Bientôt c’est le silence, avec juste quelques flocs de gouttes d’eau tombant au sol ; l’obscurité totale audelà de la bulle de notre lampe ; et l’énorme masse minérale autour de nous, devant laquelle nous nous sentons si petits, si éphémères. Nous nous arrêtons, guettons le silence. Il ne se passe rien. Nous repartons, puis guettons encore. Toujours rien ; mais insensiblement, sans qu’on s’en rende compte, notre rythme intérieur s’accorde à ce qui nous entoure. Doucement, doucement… Tout doucement. Il faut du temps. Ce n’est souvent qu’après avoir dormi une nuit au fond, après s’être abandonné, que l’imprégnation est devenue manifeste. Ce qu’on ressent alors dépend du lieu : petit boyau ou vaste salle, roche claire ou sombre, sèche ou humide, saine ou risquant de s’ébouler…, et sans doute de bien d’autres éléments plus subtils. Et bien sûr, pour un même lieu, chacun réagit à sa façon. Sansvouloir généraliser, donc, on se sent souvent très calme, en paix, en sécurité. La roche est devenue une présence intimement réconfortante, un cocon, le temps et les soucis extérieurs sont plus relatifs.
Et les pierres précieuses, les cristaux ? Dans le monde extérieur on peut ne voir en eux que de beaux objets coûtant très cher, ou des pièces rares et convoitées. Mais quand on les cherche sous terre, ils prennent une autre dimension, tout au moins dans une exploitation artisanale. On frappe la roche. Elle sonne le dur, il faut persister. On frappe encore, encore et encore ; sans le moindre résultat apparent. Et cela dure. Pourtant il ne faut pas se laisser décourager. Il faut tenir, ne pas faire trop attention aux ampoules sur les mains. Ah, le son est en train de changer. Enfin. C’est bon signe, ça : la roche va bientôt se fendre. Mais comment va tenir le plafond, ensuite ? On frappe plus doucement, on s’arrête, tous les sens aux aguets, guettant d’éventuels craquements, prêt à bondir en arrière. On reprend, on s’arrête à nouveau… La voûte reste solide. La roche a basculé, roulé au sol. Victoire ! Elle est bien grosse, par contre : même en s’arcboutant, pas moyen de la faire rouler dans le boyau en direction de la sortie.
Il faut commencer par la refendre, puis pousser morceau après morceau les déblais jusqu’au tas. Et recommencer. Un jour ; deux, trois, quatre jours, ou même bien plus, des semaines, des mois. Le moral baisse, remonte, rebaisse. Car peut-être toujours rien en vue, pas la moindre pierre précieuse, pas le moindre cristal dans le faisceau de notre lampe. Parfois c’est net, il faut arrêter. Mais peut-être qu’on les sent toujours autour de soi, ces incroyables fruits de la terre, bouleversants de pureté. On se repose, on reprend des forces, et à nouveau pour rien au monde on ne voudrait être ailleurs. C’est une chance d’être là, et on continue.
Dépasser sa peur du noir, sa peur de l’inconnu. Observer avec acuité ce qui nous entoure, et pouvoir faire confiance. Creuser son chemin sans trop de souci du confort ni du succès immédiat, s’il le faut jusqu’au bout de ses forces. Savourer d’être là… C’est cela, bien souvent, la recherche du cristal. Et en prenant du recul, on s’aperçoit que ces mêmes mots, pris dans un sens plus large, correspondent aussi très bien à la non-moins longue et difficile ouverture intérieure, à la quête du bonheur. Alors bonheur, cristal… Aussi rares et précieux l’un que l’autre, leurs liens n’ont peut-être pas fini de nous surprendre. « Des ténèbres jaillit la lumière. »
Roland CHINCHOLLE
Thérapeute d’inspiration jungienne - Grenoble
Auteur de ”Au Tréfonds des Veines” - éditions Glénat
Au départ, il y a toujours une limite, une difficulté, une incompréhension, un point où l’on sait maintenant qu’il faut faire quelque chose. Que nous disions avoir perdu un cadre, nos repères, nos désirs, notre vitalité, parfois même notre bonheur, nos valeurs, notre éthique… Tout simplement notre sens à la vie ; nous prenons conscience que nous ne parviendrons pas à surmonter seuls cet obstacle qui provoque en nous certaines souffrances.
Notre mal être ou notre maladie ne peuvent rester racine de notre existence, de notre identité.
Quel est le mot qui revient le plus souvent : changement.
Mais la peur du changement peut parfois être terrifiante. Elle nous met au pied du mur… dans l’obligation de choisir. Tel un papillon qui émerge de sa chrysalide, l’âme humaine est appelée à renaître des épreuves pour s’éveiller à la Vie, à l’Amour, à la Sagesse… Faire chemin arrière est toujours plus facile que d’affronter les craintes, les doutes et les illusions directement liés aux croyances qui nous limitent, nous freinent, nous ralentissent. Le désir de changement correspond à un besoin d’estime de soi et de réalisation.
Il entre souvent en opposition avec un autre besoin conçu comme fondamental : la sécurité. Cette sécurité s’impose comme une force de résistance à la prise de conscience de ce qui a été refoulé.
Et la première raison qui nous empêche de dépasser cette résistance est la non connaissance de nous‐mêmes. Alors, lorsque l’envahissement, l’étouffement sont tels que les croyances, les idées reçues ou préconçues ne sont plus systématiquement considérées comme des vérités, comme des valeurs justes, on peut entrer en thérapie. On peut s’ouvrir à l’échange… au partage… à la transmission… à l’élaboration de passerelles. On peut s’ouvrir au champ des possibles, au geste d’oser...
Regarder ne suffit plus… nous sommes condamnés à voir. Ecouter ne suffit plus… nous sommes condamnés à entendre. Toucher ne suffit plus… nous sommes condamnés à ressentir. Mais ce n’est pas une décision anodine. On y réfléchit, on demande des informations, on se renseigne sur le praticien, on pèse ce que l’on considère comme les avantages et les inconvénients de la chose. Puis un jour, on franchit la porte du thérapeute que l’on a choisi. Peu importe que ce soit parce que la vie nous insupporte telle qu’on la vit ou par souci d’évolution personnelle. Nous savons que cette décision nous engage dans le temps, qu’elle représente un effort financier et que nous n’en sortirons pas le même ou la même que celui ou celle que nous étions auparavant. Nous savons que l'action du thérapeute sera limitée à une écoute, une aide, un soutien. Sans contraintes, sa mission sera d’accompagner, d’éveiller, de relier, de connecter… pas de faire à la place de…
Le but d’une psychothérapie serait de recréer du désir et du mouvement de façon indissociable. Le désir c’est un objectif, un projet de vie. Dès lors, un chemin se crée aussitôt devant nous. Et c’est parce que ce chemin se crée que nous pouvons nous mettre en mouvement sur ce chemin, en direction de ce désir.
Sans désir, pas de chemin. Sans chemin, pas de mouvement. Sans mouvement, pas de vie. On apprend à mettre les premiers mots sur ses émotions, à les accepter, à porter une réflexion sur ces mêmes émotions, à les intégrer. Elles ne sont pas seulement un trop plein à déverser. Elles font partie de notre construction psychique, relationnelle et émotionnelle. Si rien n’est fait au moment de la survenance de l’évènement, une souffrance s’installe. Cette souffrance va ainsi lentement envahir l’individu dans sa totalité, prendre de l’épaisseur et s’exprimer de façons très différentes : sentiment de tristesse, de culpabilité, peurs, colères, perte de confiance, fatigue, pleurs, solitude, désocialisation, troubles du sommeil, de l’appétit, de la sexualité etc… Plus ces sentiments sont intenses et s’accumulent, plus le travail de réparation sera long et difficile. Repousser, étouffer ou feindre l’indifférence vis‐à‐vis de nos émotions et de nos ressentis fait de nous les proies de tous les maux. Nous devons prendre au sérieux les messages, les symboles qu’ils véhiculent, y être attentifs.
Nous pensons souvent nous défendre contre les soucis du présent, alors que nous continuons à lutter contre les fantômes du passé. Il devient nécessaire de lâcher prise… Et c’est une chose aussi simple mais aussi difficile que de respirer. Il devient nécessaire d’identifier, de décoder, de comprendre, d’interpréter les causes qui ont rendu possibles ces symptômes ou ces comportements.
Il devient nécessaire d’en percevoir les échos, les résonnances. Il devient nécessaire de décristaliser, de fluidifier, d’évaporer les émotions au delà des résistances. En retrouvant leur source, leur origine, la personne devient actrice de son changement. Le courage de se dépasser par l’action indispensable, le geste de faire, d’agir, s’avère et s’impose au-delà des simples pensées philosophiques, des lectures d’évolution humaine, des belles paroles. C’est l’unique porte à pousser pour accéder à la guérison. La psychothérapie est l’occasion de braquer les projecteurs sur toutes les facettes de sa vie. C’est un temps de révélations, de reconnaissance, de mise à nu, un temps d’ouverture sans tabous. Un tel voyage dans l’intimité, dans la profondeur de l’Être ne peut nous laisser dans l’état pré-thérapie.
Tous ces mots qui viennent et qui reviennent permettent d’éclaircir le chemin qu’il nous reste à parcourir, et de le rendre plus serein. Une psychothérapie, c’est notre arrangement avec la vie. C’est récupérer notre autonomie, notre liberté, notre indépendance. C’est se trouver le plus à l’aise possible avec notre harnachement. On ne fera pas tout disparaître de nos douleurs, mais on saura faire en sorte qu’elles nous fassent moins mal. On ne s’assoit pas sur son histoire.
Ce serait un peu comme si on était assis sur du vide. L’histoire, c’est le socle primaire sur lequel tout s’édifie ; le présent n’étant que l’épaisseur du passé. Celui qui avance sans se retourner, avance en aveugle.
Et puis un jour, reste à sortir de sa thérapie. Cette phase est encore plus délicate que celle qui a consisté à y entrer. C’est de cette séparation d’avec le thérapeute et la thérapie que tout va dépendre. Y trouver l’achèvement est primordial. Et si la séparation d’avec le thérapeute intervient effectivement lors de la dernière séance, cette séparation a déjà commencé bien avant… au coeur de la thérapie. Ce sont ces moments où la personne doit faire le deuil de sa vie antérieure, celle qu’elle a parfois côtoyée durant tant d’années. Cette peur du passage au changement, cette angoisse de la nouveauté. Confronté à ce passage, le choix s’impose de passer ou de s’arrêter. Ce n’est pas toujours un choix conscient et réfléchi. Il peut souvent être inconscient.
Au seuil de cette traversée, la personne se trouve souvent de nombreuses raisons de caler. Elle peut dire qu’elle a maintenant tout dit. C’est le silence qui s’installe… Et c’est à l’orée de ce silence que tout peut vraiment réellement commencer. Ne plus rien avoir à dire est une illusion. Les paroles creuses dites… Il reste à dévoiler les paroles pleines. Et ce sont ces paroles pleines qui emmèneront au rythme de chacun, dans son unicité et sa singularité, vers le franchissement de l’obstacle d’évolution… vers une nouvelle respiration. Et puis, il est essentiel d’être vigilant et clairvoyant sur cette autre manière de buter contre l’obstacle. Par résistance et peur du changement, la personne peut se dire frustrée, déçue des symptômes qui restent inchangés… alors qu’elle ressent les premiers effets bénéfiques du travail déjà accompli. C’est comme si elle trouvait une utilité, un avantage secondaire à rester dans la maladie, à maintenir la blessure ouverte. Et bien sûr, elle s’en défend. Elle peut invoquer qu’elle a des problèmes financiers, qu’elle ne peut venir aussi souvent qu’elle le souhaiterait, qu’elle manque de temps. Elle peut même ne pas se présenter au rendez‐vous d’une séance, disparaître sans explication, fuir pour éviter d’avoir à affronter le regard du thérapeute. Elle est confrontée à l’obstacle qui n’est rien d’autre que l’impression de s’approcher de ce moment d’angoisse, d’être confrontée à ce changement et aux actions qui s’imposent pour le mettre en œuvre. Cela peut devenir insupportable, parfois même sidérer la Conscience. Alors, l’errance thérapeutique peut s’installer, toujours en quête de la thérapie miracle, qui sera refoulée à l’infini. Il est alors du devoir du thérapeute d’informer, de prévenir de ce moment difficile à franchir… Un moment difficile mais toujours libérateur.
Luc KAUFMANN
Hypnothérapeute
Missions humanitaires santé
Grenoble
La gemmothérapie est l’utilisation, à des fins thérapeutiques, des tissus embryonnaires de végétaux en croissance tels que les jeunes pousses printanières, les bourgeons frais, les radicelles, préparés par macération dans un mélange eau-alcool-glycérine. Les bourgeons des végétaux renferment à l’état latent toutes les vertus de la plante dont ils sont issus. L’idée principale de la gemmothérapie est que les tissus embryonnaires sont totipotents, c'est-à-dire potentiellement aptes à former les tissus les plus divers. Ils contiennent plus d’acides nucléiques (information génétique) que les autres tissus et renferment également des minéraux, des oligo-éléments et des facteurs de croissance tels que les auxines et les gibbérellines, que l’on peut considérer comme de véritables hormones végétales.
En résumé, les bourgeons concentrent toutes les informations nécessaires au développement de la plante.
Pressentie et développée par le Dr Pol Henry dans les années 1970, la phyto-embryothérapie, qui est devenue par la suite la gemmothérapie sous l’impulsion du Dr Max Tetau, est une thérapeutique naturelle qui vient merveilleusement compléter l’action de la phytothérapie classique et de l’homéopathie. Selon le Dr Henry, les préparations à base de bourgeons stimulent la régénération et le drainage cellulaires, mobilisent les énergies biologiques potentielles en libérant l’information bloquée dans la matrice extracellulaire et le tissu conjonctif.
Bien que l’efficacité de cette thérapeutique n’ait pas été scientifiquement validée pour l’instant, l’expérience clinique et de très nombreuses observations montrent que les macérats glycérinés de bourgeons agissent très favorablement sur les processus naturels de régulation homéostasique de l’organisme. Il est probable que nous utilisons parfois de la gemmothérapie sans le savoir lorsque nous mangeons des jeunes pousses de bambou ou des germes de soja.
QUELQUES EXEMPLES DE BOURGEONS
Le macérat glycériné de tilleul (Tilia tomentosa) possède à la fois les propriétés sédatives liées aux fleurs et les propriétés dépuratives et diurétiques de l’aubier de tilleul. C’est un remède remarquable pour les états anxieux et les troubles légers du sommeil, en particulier chez les jeunes enfants.
Le bourgeon d’aubépine (Crataegus oxyacantha) possède à la fois les propriétés des sommités fleuries, qui régularisent le rythme cardiaque, et celles du fruit, qui tonifie le muscle cardiaque. Il faut penser systématiquement au bourgeon d’aubépine lorsqu’il existe des troubles cardiovasculaires d’origine émotionnelle.
Le bourgeon de cassis (Ribes nigrum) possède une action stimulante sur les glandes corticosurrénales. C’est un remède incontournable des états de fatigue chronique et des états inflammatoires. L’expérience nous a montré son rôle utile dans la lutte contre les allergies saisonnières.
Le bourgeon de figuier (Ficus carica) est un excellent régulateur du système nerveux, apte à chasser les ressassements stériles qui peuvent retentir sur les muqueuses de l’appareil digestif. Par son action modératrice au niveau du psychisme, c’est un atout indispensable pour mieux maîtriser les effets du stress chronique.
CONSEILS POUR BIEN UTILISER LE POTENTIEL DES BOURGEONS
Il existe deux formes d’utilisation pour les produits de gemmothérapie : le macérat glycériné concentré (appelé aussi macérat-mère), et le macérat glycériné dilué au 1/10ème (Bg 1D). L’expérience acquise par la pratique quotidienne permet d’indiquer qu’il est préférable d’utiliser le macérat-mère pour les affections aiguës (la posologie est alors de 5 à 10 gouttes deux fois par jour), alors que le macérat 1D est plutôt indiqué pour les affections chroniques et de nature psycho-émotionnelle (la posologie est alors de 50 gouttes deux fois par jour). Contrairement à la plupart des préparations réalisées en herboristerie et en phytothérapie, il paraît préférable d’utiliser les macérats glycérinés de bourgeons « en unitaire » plutôt que de réaliser des complexes de plusieurs bourgeons.
Gilles Corjon
Dr en pharmacie
Gérant de l’herboristerie Corjon à Grenoble
Enseignant en phytothérapie et aromathérapie à l’Ecole Lyonnaise de Plantes Médicinales
Les méthodes visant au mieux-être personnel sont aujourd’hui innombrables. C’est une chance, bien sûr, mais la question se pose : comment choisir parmi toutes ces techniques dont les objectifs paraissent parfois si proches ?
LES ETAPES DU CHOIX
On commencera par se documenter, mais aussi par recueillir le témoignage de personnes ayant elles-mêmes expérimenté la méthode envisagée. On tiendra compte également de ses inclinations personnelles pour un travail verbal ou corporel, individuel ou collectif.
On se fiera aussi à ses sensations : sa réaction spontanée face au texte de présentation d’une technique, ou la première impression que nous a faite un praticien.
EXPERIMENTER
Il faut ensuite expérimenter : chaque être humain est unique, ce qui convient à l’un ne conviendra pas forcément à l’autre.
On rentrera donc dans une pratique, sans défiance, mais en restant vigilant. Tout en « laissant le temps au temps », si au bout d’un délai raisonnable on ne constate pas d’évolution positive, c’est peut-être que la méthode ne nous convient pas. Il faudra alors envisager de se tourner vers autre chose. En revanche, il ne faudra pas être surpris par l’apparition, ou la réapparition, de douleurs ou désagréments tant physiques que psychologiques : la régulation d’un dysfonctionnement passe souvent, dans un premier temps, par une intensification de ses symptômes. Ces « symptômes de réajustement » sont le signe que l’organisme a détecté l’anomalie et qu’il s’est mis au travail pour y remédier.
LE TRAVAIL SUR SOI
Un travail sur soi est d’abord centripète (retour sur soi), avant d’avoir des effets centrifuges (de soi vers l’extérieur, les autres, la vie).
A côté d’un bien-être physique accru et d’une vitalité retrouvée, son efficacité se mesurera dans l’évolution de sa relation aux autres et sa capacité à mieux gérer les difficultés du quotidien. On sera donc extrêmement méfiant vis à vis de pratiques qui, à l’inverse, génèrent une coupure d’avec l’environnement familial et social et mettent en danger par le rejet de toute intervention médicale.
AIDE-TOI, LE CIEL T’AIDERA !
Après d’inévitables tâtonnements, si l’on est motivé et sincère, on finira par trouver la méthode et le praticien qui conviennent. La Vie parfois nous donnera un petit coup de pouce en mettant sur notre route ce que l’on attendait, sans toujours le savoir d’ailleurs : ce qu’on appelle une rencontre, moment gratifiant s’il en est.
MERCI, MAL DE DOS !
On trouvera parfois même plus que ce que l’on cherchait au départ : parti pour traiter un mal de dos, on pourra être conduit à un rééquilibrage beaucoup plus général de sa personne : c’est que l’organisme humain n’est pas un simple assemblage de pièces détachées, mais un tout indissociable, tout comme le sont le corps et l’esprit.
C’est pour cela d’ailleurs que le mal de dos en question est parfois si difficile à traiter, quand les radios ne décèlent aucune anomalie mais que la douleur est bien là ! L’ expression « en avoir plein le dos » peut alors constituer un indice...
IL Y A SYMPTÔME ET SYMPTÔME...
Le traitement d’un symptôme, s’il est bien évidemment indispensable dans certaines situations qui sans lui deviendraient dangereuses, peut s’avérer décevant quand le mal n’est pas traité à sa source : chercher à éradiquer des éruptions cutanées sans en traiter la cause ne peut pas avoir d’effets durables.
Un tel traitement « de surface » peut même être néfaste quand il contrarie le travail de régulation de l’organisme : ainsi, faire baisser systématiquement la fièvre même si elle n’est pas très élevée, ou empêcher à toute force une tension de se manifester. On cite le cas d’une personne qui a développé une hypertension artérielle après qu’un praticien ait fait disparaître une tension persistante dans les mâchoires : la tension interne qui s’exprimait au niveau maxillaire avait dû chercher une autre voie de sortie...
Distinguer ce qui doit impérativement être traité (symptôme pathogène) de ce qui ne doit pas l’être (symptôme de réajustement) est l’apanage du médecin qui sait, de par sa formation, quand l’intervention médicale est impérative et quand l’organisme est capable de se débrouiller tout seul pour remettre les choses en place.
S’il est trop assisté, à des moments où ce n’est pas nécessaire, l’organisme risque à la longue de perdre ses capacités innées d’autorégulation.
LE RÉAJUSTEMENT DU TERRAIN
Tout en profitant donc des bienfaits de la civilisation, au niveau médical notamment, on pourra chercher à ne pas atrophier ses capacités naturelles, voire à les réactiver.
C’est l’objectif des méthodes qui ne cherchent pas à traiter tel ou tel dysfonctionnement particulier, mais le terrain qui a permis à ces dysfonctionnements de s’installer et n’a pas été capable de les réguler.
C’est l’état de ce terrain qui fait que, face aux mêmes agressions virales, certains semblent toujours « passer entre les gouttes », alors que d’autres « attrapent tout ce qui passe ». De même, face aux inévitables drames de l’existence, certains ont la capacité de « rebondir », alors que d’autres s’enfoncent dans la dépression.
« Question de nature », dira-t’on, « on n’y peut rien ! » Vrai et faux : s’il y a certes en nous des tendances congénitales irréversibles, il n’en va pas de même pour ce qui est survenu après la naissance. On peut constater, à la suite d’un travail sur soi approprié, que des caractéristiques physiques ou psychologiques que l’on pensait jusqu’alors irrémédiables ne le sont pas !
DEVENIR SOI-MÊME
La levée progressive des charges accumulées depuis l’enfance amènera alors à la découverte fondamentale, celle de SOI-MEME. C’est l’objectif le plus noble que puissent se fixer une méthode et son praticien : que la personne venue solliciter leur aide n’ait plus besoin d’eux, qu’elle puisse voler de ses propres ailes. Qu’elle puisse enfin vivre SA vie.
Denis EMONET
Praticien du mouvement régénérateur
Auteur du livre : l’Intelligence Instinctive, réajuster corps et esprit - éditions le Souffle d’or
Réactiver ses capacités innées d’auto-régulation pour retrouver l’équilibre fondamental
L’être humain possède en lui un très fort instinct vital.
Son rôle est d’abord de construire l’organisme, puis de préserver son bon état de fonctionnement.
Malheureusement, si sa puissance est grande dans l’enfance, elle se retrouve souvent très atrophiée quand arrive l’âge adulte.
Les causes de cet affaiblissement sont multiples ; en premier lieu, l’ignorance des capacités d'autorégulation de l’organisme fait naître l’inquiétude à l’apparition de tout symptôme douloureux, et la recherche d’un remède pour le neutraliser. Or, si certains symptômes révèlent un problème que l'organisme n'est pas - ou plus - capable de surmonter tout seul, et nécessitent de ce fait une intervention extérieure, médicale notamment, d’autres sont le signe que le corps est en train de réagir pour restaurer son équilibre : si l'on connaît généralement le rôle de la fièvre dans la lutte contre une invasion microbienne, on ignore le plus souvent que le rhume survient quand il y a excès de fatigue dans telle ou telle partie du corps, et que son passage permet de la résorber ; de même, on est souvent loin de se douter du rôle des tensions musculaires, des crampes, voire de la tétanie dans la libération de tensions internes ; spasmes, lumbagos et sciatiques participent eux aussi du même effort du corps pour se réguler ; au niveau psychique, larmes, angoisses et déprime peuvent être des moyens pour le corps de se décharger de pressions trop fortes.
On pourrait multiplier les exemples de ces manifestations, certes désagréables, mais qui sont pour l'organisme, à tel moment de son parcours, le meilleur moyen de se réguler. Supprimer ces manifestations, si tant est qu'on y parvienne, n’est pas supprimer le problème qui les a fait naître ; pis encore, le corps, empêché de mettre en œuvre son travail de régulation, cherchera d'autres voies, parfois plus fâcheuses : ainsi, on a pu voir une tension au niveau maxillaire, « supprimée » mécaniquement, dégénérer en hypertension artérielle quelques mois plus tard : la tension qui cherchait à sortir au niveau des mâchoires avait été contrainte de trouver une autre issue.
Cette lutte contre les symptômes « de réajustement » peut, de la même manière, conduire aux maladies chroniques et, plus grave encore, à l'insensibilisation. Le corps n’étant plus capable alors de ressentir les anomalies, l'absence de douleur et de maladies pourra créer une illusion de bonne santé, contredite parfois brutalement par un décès sans aucun signe avant-coureur. Comme le disait un vieil adage : « pour ne pas avoir de grosse maladie, il faut en avoir des petites ».
Un organisme qui a perdu ses capacités originelles de sensibilité et de réactivité aura du mal à maintenir de lui-même son équilibre physique et psychologique, et l'on sera contraint alors de solliciter sans cesse des aides extérieures, pour tenter de compenser tant bien que mal cette apathie.
Cela n’est pas irrémédiable : il est possible de réactiver cette force de survie qui est en chacun de nous, et de refaire le chemin en sens inverse. Cette force qui a été capable de créer un organisme si complexe à partir d’un simple embryon, est aussi capable de réajuster ce qui a été faussé, même si cela remonte à de nombreuses années, voire à la petite enfance.
Pour cela, il faudra accepter de laisser le corps faire son travail, même si cela implique des passages forcément pénibles, physiquement et/ou psychologiquement. On lui accordera même des plages de temps où on l'invitera à agir selon son propre gré, en fait selon ses besoins. C'est ce qu'Itsuo Tsuda nommait séances de « mouvement régénérateur », une pratique un peu singulière dans la mesure où l'on n'y exécute aucun geste ni posture, mais où l'on déconnecte momentanément le système volontaire de l'organisme : autrement dit, on oublie pour un moment ses habitudes corporelles et psychiques, tout ce que l'on sait et tout ce que l'on croit, on ne génère aucun geste, et on laisse s'exprimer ce qui surgit spontanément, dans la tête comme dans le corps. Le système involontaire de l'organisme (« système moteur extra-pyramidal », celui-là même qui fait battre le cœur, déclenche la digestion, expulse les corps étrangers, cicatrise les blessures et ressoude les fractures) libéré alors de toute contrainte, et stimulé par une activation extérieure, va déclencher progressivement, de lui-même, les réactions et mouvements purement involontaires pour régulariser ce qui n’est pas en ordre.
Commencera alors un processus de régularisation profonde qui concernera l’esprit tout autant que le corps. L’organisme retrouvera peu à peu la sensibilité et la réactivité qu’il avait dans sa petite enfance : il sera alors de nouveau capable de détecter les anomalies et de les rectifier.
Le processus de cet auto-réajustement passe par trois étapes :
1. détente : les muscles tendus se relâchent, quittant des habitudes sclérosées ; on peut éprouver une douce lassitude et un besoin de sommeil accru, qu'il faut respecter.
2. hypersensibilisation : ce qui est faussé va se manifester comme tel, d’où l’intensification temporaire de douleurs et symptômes connus, ou la réapparition de symptômes oubliés (douleur à une vertèbre accidentée des années en arrière et qui ne faisait plus mal depuis longtemps, vieille angoisse remontant parfois à l’enfance, comme la peur du noir, résidus de traumatismes anciens jamais complètement résorbés, etc…). C’est un passage obligé : un dysfonctionnement - qu’il soit physique ou psychique - ne peut être réellement régularisé, en profondeur, s’il n’est pas d’abord perçu comme tel par l’organisme.
Durant cette phase d'hypersensibilisation, l'apparition de la douleur, au lieu d’être perçue comme un « mal » inquiétant que l'on va chercher à neutraliser, pourra être considérée comme le signe que l’organisme retrouve sa sensibilité : c'est parce qu'il est de nouveau capable de distinguer ce qui est en ordre de ce qui ne l’est pas qu'il émet ce signal d'alarme. Ainsi prévenu, il mobilise toutes ses capacités pour rectifier l'anomalie.
On découvrira alors le formidable potentiel qui réside en nous, capable de détecter la racine profonde des dysfonctionnements, et de les régulariser en déclenchant les réactions parfaitement adaptées à chaque cas spécifique.
3. évacuation : elle succède, de manière souvent soudaine et imprévisible, à la phase d’hypersensibilisation. On a vu ainsi une douleur vertébrale aigüe qui avait interdit la position allongée plusieurs nuits durant disparaître, et avec elle, l’insensibilité qui s’était installée dans une cuisse depuis quelques mois ; chez une autre personne, l'arrêt du mouvement spontané qui avait imprimé une forte torsion sur le haut de la colonne vertébrale des mois durant a correspondu à la disparition des symptômes d'une fatigue au niveau du cœur qui était perçue depuis plusieurs années ; cette normalisation peut se manifester de la même manière au niveau psychique : ainsi un malaise ressenti face aux autres, parfois depuis des décades, après s’être manifesté plus fort que jamais, peut s’estomper de lui-même, ouvrant la porte à des rapports humains beaucoup plus faciles.
C’est la découverte progressive d’un autre soi-même, libéré peu à peu de problèmes physiques que l’on pensait chroniques ou irréversibles, et de caractéristiques psychologiques jugées jusqu’alors trop ancrées pour pouvoir être modifiées.
Redonner la parole à nos capacités instinctives, les aider à se réactiver, c’est ouvrir la porte à un grand nettoyage de tout notre être.
L'équilibre physique et psychique sera la conséquence naturelle de ce réajustement du terrain. Sans faire aucun exercice d'assouplissement, la souplesse s'améliorera, sans exercice respiratoire, la respiration se placera peu à peu dans le ventre ; dans le même temps, le centre de gravité descendra ; les pieds se réchaufferont, la tête se rafraîchira, signe d'une meilleure répartition de l'énergie dans l'ensemble de l'organisme ; le corps trouvera alors de lui-même la posture et le geste justes ; l'esprit sera mieux à même d'exploiter ses capacités intuitives, et d'évaluer globalement et directement personnes et situations : conscient et inconscient pourront alors œuvrer de concert pour fournir des réponses plus adaptées aux multiples situations de la vie quotidienne.
C’est une voie de dépouillement : se libérer peu à peu des multiples « peaux » qui nous limitent, pour redevenir plus libres et transparents ; ne plus être le seul produit de notre histoire et de notre caractère, et permettre ainsi à une autre intelligence, qui nous dépasse, de s’exprimer à travers nous.
On pourra alors découvrir un autre type de décision et d'action, qui ne seront plus seulement le prolongement d'une pensée, d'une analyse ou d'un raisonnement ; leur jaillissement spontané pourra nous surprendre nous-mêmes, en nous sortant de l'éternelle répétition de nos schémas personnels.
Toute la conduite de notre vie peut en être transformée.
Denis EMONET
Praticien du « mouvement régénérateur »
Auteur du livre « L’intelligence instinctive »
Mars 2010
BASILIC
Plante originaire d’Asie, dont la culture et la récolte en Europe s’étalent de mai à septembre. Sa taille varie de 20 à 40 cm. Ses tiges sont rameuses, en touffes, très feuillées glabres. Ses feuilles sont vert foncé, ovales, dentées. Ses fleurs sont blanches ou rosées, en épi allongé, avec un calice à 5 dents, dont une dominante en taille. La floraison est concentrée en juillet et août.
Ce sont les FEUILLES qui sont propres à la consommation.
Son utilisation : soupe au pistou, minestrone, bouillabaisse, poisson au court bouillon, ragoût, riz, ratatouille, veau, porc, agneau, et toutes les préparations à la tomate.
LAVANDE
Á l’origine, plante de coteaux de montagnes, arides, calcaire, bien ensoleillée, région méditerrranéenne, récolte en août et septembre. Plante vivace de 20 à 60 cm. Ses tiges sont ligneuses, en touffe. Rameaux dressés, simples, feuillés à la base, opposés. Ses feuilles sont opposées, lancéolées, d’un gris vert, les bords enroulés. Ses fleurs sont bleues, en épi ; bractées larges, membraneuses, brunes, calice tubuleux à 5 dents. Ses fruits sont akènes, la graine noirâtre. La floraison est concentrée de juin à août.
Son utilisation : gibier, riz, vins, crèmes dessert et glaces. Parfume le linge, le bain. Anti-insectes.
HYSOPE
Pousse sur les coteaux calcaires, secs, caillouteux, en Europe méridionale, récolte de juin à août. Plante vivace de 20 à 50 cm. Ses tiges sont ligneuses à la base, très feuilletées. Ses feuilles sont opposées, entières, linéaires ou lancéolées, glabres, très odorantes.
Ses fleurs sont bleues, assez grandes, en épi, corolle à 2 lèvres inégales dont l’inférieure est divisée en 3 lobes. Ses fruits sont tétrakènes. La floraison est concentrée en juillet et août.
Son utilisation : comme la sauge ; soupes, viandes blanches, volaille, veau, poisson, féculents, farces, pâtés. En macération dans une huile végétale, parfume agréablement le bain.
ROMARIN
Plante du bassin méditerranéen, 50 à 150 cm. Vivace, toujours vert, le romarin pousse dans les régions calcaires, chaudes et sèches, toute l’année. Ses tiges sont très rameuses, ligneuses, très feuillées. Ses feuilles sont opposées, linéaires, coriaces ; bords enroulés, vertes dessus, blanchâtres dessous. Ses fleurs sont bleu pâle, corolle divisée en 2 lèvres, la supérieure forme un casque à 2 lobes. Ses fruits sont composés de 4 akènes. La floraison s’étale sur toute l’année.
Son utilisation : grillades, ragoût, rôtis, gibier, poissons, viandes rouges et blanches ; ratatouille, coulis, sauces, riz, aubergines, courgettes, pommes de terre, omelettes, champignons, toute préparation à la tomate.
ORIGAN
Pousse sur les coteaux secs, incultes, bien ensoleillés, récolte de juillet à septembre. Plante d’Europe occidentale, vivace, de 30 à 60 cm. Ses tiges sont rameuses, poilues, rougeâtres. Ses feuilles sont opposées, pétiolées, ovales. Ses fleurs sont rose vif, nombreuses, en épis formant des panicules au bout des rameaux, bractées larges, violacées. Ses fruits sont carpelles, ovales. La floraison s’étale de juillet à septembre.
Son utilisation : pizzas, oeufs, omelettes, mayonnaise, pommes de terre, tomates, pot-au-feu, potages, beurre maître d’hôtel, riz ; comme la marjolaine.
MARJOLAINE
Plante annuelle originaire du Moyen Orient, de 40 à 50 cm, cultivée. Récolte de juin à septembre. Ses tiges sont en touffes, ligneuses, velues. Ses feuilles sont blanchâtres, petites, ovales, velues. Ses fleurs sont rosées, petites, groupées par 3 en petits épis ; bractées, nombreuses, superposées, en forme de coquille. La floraison est concentrée en août et septembre.
Son utilisation : pizzas, omelettes, ragout, carottes, pois, haricots, pommes de terre, aubergines, choux, farces, saucisses, rôtis, hachis, poissons, mouton et agneau. Parfumerie : bain.
SARRIETTE
Plante d’Europe méridionale, de 10 à 40 cm, pousse dans les rocailles, landes arides, coteaux calcaires et secs, de mai à septembre. Ses tiges sont rougeâtres, à rameaux raides, ligneuses à la base. Ses feuilles sont coriaces, linéaires, aiguës, luisantes, nombreuses, ciliées sur les bords. Ses fleurs sont blanc-rosé ; groupées en petits corymbes formant un épi terminal ; calice pointu. Ses fruits sont tétrakènes. La floraison s’étale de juin à septembre.
Son utilisation : agneau, porc, poissons, bouillabaisse, lapin, gibier, ragoût, légumes secs : pois chiches, lentilles, haricots, petits pois, vinaigre...
L’art de soigner par les plantes est sans aucun doute la plus ancienne forme de médecine du monde. Nos ancêtres n’ont pas « inventé » les plantes médicinales. Intégrés à la nature comme ils l’étaient alors de par leur mode de vie, ils disposaient d’un don étonnant d’intuition qui leur a permis de repérer les plantes susceptibles de les soulager. La socialisation a favorisé l’accumulation et la transmission d’un savoir qui est encore aujourd’hui à la base de la médecine dite « populaire ». N’oublions pas que plus de 80% des habitants de la planète se soignent toujours avec des remèdes naturels et que même dans les pays occidentaux industrialisés, plus de 50% de la population a eu recours aux médecines fondamentales.
Dans les temps les plus reculés, les plantes apparaissent comme l’objet d’un culte au même titre que le culte des eaux vives et jaillissantes qui entretiennent la vie. Les anciens intégraient la maladie et son remède dans une conception globale et rassurante du cosmos. Il n’est pas étonnant pour l’homme d’alors, animé par le sens du sacré, que la nature puisse contenir toutes les réponses thérapeutiques à ses problèmes de santé. Dans cette vision primordiale, la plante s’adapte à la fois à son milieu mais également aux maladies de l’être humain. C’est en ce sens que la plante peut être médicinale et l’art thérapeutique un échange du vivant au vivant.
De nos jours, les travaux expérimentaux de pharmacologie effectués dans le monde entier confirment le plus souvent le bien-fondé et la pertinence du savoir traditionnel. Les plantes médicinales appelées parfois « simples » sont en réalité d’une extraordinaire complexité. Il n’est pas rare de trouver plusieurs centaines de molécules différentes dans une seule espèce. Les chercheurs actuels ont pris conscience que la fleur la plus insignifiante cache peut-être un trésor thérapeutique, et que les composés biologiquement actifs pris dans leur ensemble ont dans bien des cas une capacité thérapeutique supérieure à celle d’un composé synthétique pris isolément. En phytothérapie, la méthode analytique est souvent prise en défaut, la séparation des différentes fractions d’un extrait peut faire perdre une partie de l’activité pharmacologique.
PHYTOTHERAPIE : UNE THERAPEUTIQUE D’INFORMATION ET DE TERRAIN

La plupart des médicaments utilisés en allopathie a pour objectif de faire disparaître les symptômes visibles d’une affection ou de se substituer à la fonction d’un organe déficient. De manière non concurrentielle, la phytothérapie repose sur un autre mode de pensée ; elle utilise un « totum » végétal dont la finalité est de privilégier la rééquilibration durable des fonctions qui permettent à un organisme de maintenir sa cohésion interne.
L’idée maitresse de l’utilisation raisonnée des plantes médicinales est de chercher à optimiser les mécanismes d’auto-guérison inscrits dans la nature même du fonctionnement de l’organisme. La phytothérapie bien comprise favorise le retour à l’état de santé en levant les entraves aux mécanismes autoréparateurs largement sous-estimés, à mon avis, dans nos parcours universitaires. C’est la raison pour laquelle je considère que la phytothérapie est avant tout une thérapeutique de réconciliation qui vise à maintenir la paix (prévention active) plutôt que de vouloir «gagner la guerre».
Dans cette logique, mieux connaître les vertus des plantes, apprendre à les reconnaître, à les récolter avec discernement et à les utiliser progressivement au quotidien (en évitant l’écueil de l’automédication sauvage) constituent les fondements d’une stratégie gagnante qui peut nous conduire à une nouvelle alliance avec le monde naturel et avec nous-mêmes. En définitive, la santé est le reflet du degré de confiance que nous accordons aux forces de vie.
Gilles CORJON
Dr en pharmacie
Gérant de l’herboristerie Corjon - Grenoble
Enseignant en phytothérapie et aromathérapie à l’Ecole Lyonnaise de Plantes Médicinales
Bonjour Docteur. On entend de plus en plus souvent parler d’Ayur Veda et en particulier de massages ayurvédiques. Vous vous intéressez à l’Ayur Veda depuis plusieurs années. Pouvez-vous nous dire ce qu’est l’Ayur Veda ?
En tant que démarche médicale de Santé, l’Ayur Veda appartient à la grande famille des médecines naturelles traditionnelles. C’est la tradition médicale de l’Inde. Dans nos pays aussi il y a eu une tradition de médecines naturelles, mais celle-ci s’est presque complètement perdue à la suite des vicissitudes de l’histoire. En Inde également, de nombreux aspects particuliers de l’Ayur Veda se sont perdus. Mais on peut dire que parmi les médecines traditionnelles, c’est sans doute la mieux conservée. Son origine est bien antérieure à la médecine chinoise, qui lui a fait beaucoup d’emprunts, de même que la médecine d’Hippocrate. Bien plus qu’un système médical dirigé vers la maladie, c’est une science complète de la Santé dans son sens global incluant le corps humain, ainsi que toutes les autres dimensions de l’homme, et les relations de l’homme avec son environnement. En ce sens, cette science est très actuelle, car c’est un système ouvert qui ne dépend pas des circonstances de temps ou de lieu, et qui aborde l’être humain dans ce qu’il a de plus général et de permanent. Ayur signifie Vie, et Véda signifie Connaissance. C’est littéralement la science de la Vie. Au-delà des maladies, l’Ayur Veda nous renseigne sur les conditions et règles propices à la vie : la nôtre et celle de l’environnement. L’Ayur Veda est un instrument pour soigner les maladies, mais c’est aussi une véritable science préventive des maladies.
Vaste programme, et passionnant. Mais est-ce que c’est adapté à notre mode de vie occidental ?
Absolument. Facilement et sans danger. Je remarque d’ailleurs que l’Orient s’est très bien adapté à notre mode de vie occidental. Ce faisant, il a perdu une bonne part de sa sagesse millénaire. On reconnait de plus en plus que notre mode de vie occidental n’est pas parfait, en particulier dans le domaine de la santé. On a étudié de nombreuses populations autochtones qui vivaient sans connaître nos maladies dites de civilisation telles que le diabète, les maladies cardiovasculaires, les cancers, les maladies auto-immunes, et qui ont connu le même taux de maladie que nous après une dizaine d’années de vie à notre image. Notre mode de vie n’est donc pas un modèle universel de santé. A partir du moment où nous acceptons de réviser notre mode de vie, l’alternative de l’Ayur Veda est une très bonne option. Il n’est pas question de manger des plantes de l’Inde, ni de chanter des hymnes indiens. Sur le plan de l’alimentation ce n’est pas plus compliqué que de suivre le régime dit Crétois, qui revient à la mode. Ce qui est intéressant c’est que l’Ayur Veda peut dire pourquoi le régime Crétois est un bon régime alimentaire. De plus, une des particularités de l’Ayur Veda est que les recommandations sont adaptées à la nature de la personne, à son âge, ainsi qu’aux moments de la journée et aux saisons, etc. L’Ayur Veda ne donne pas de règles absolues, mais c’est un guide de comportement équilibré à chaque instant de la vie. Voyez-vous, c’est comme un bon appareil GPS : il vous ramène à votre objectif le plus rapidement possible quand vous vous êtes égaré.
Quel est le rôle des massages ayurvédiques dans ce système qui paraît très vaste ?
Il y a beaucoup de personnes qui pratiquent le massage ayurvédique. C’est une bonne chose. Nous sommes très stressés. Le massage est un bon moyen de se détendre. Quand l’esprit est détendu, il est plus ouvert, plus à l’écoute de soi et des autres, les relations sont plus riches et pacifiées. Le massage se fait avec des huiles aromatisées. L’huile a un effet de détente. On peut encore moduler selon les huiles et les parfums. Le sens du massage sur le corps est codifié lui aussi (il s’agit peut-être plutôt de « ainsi » au lieu de « aussi » ?) afin de drainer les toxines de fatigue, ou en fonction d’autres objectifs. Dans toutes les traditions, le massage est tenu en grande estime. Dans l’Inde antique et même dans toute l’antiquité, il était d’usage d’offrir à ses invités à leur arrivée de voyage, avant toute chose, un bain, et des massages. Le massage ayurvédique est une bonne introduction à l’Ayur Veda, comme le Yoga en occident est une bonne introduction à la sagesse du Yoga.
Comment l’Ayur Veda explique-t-il la maladie ? Et qu’est-ce que la santé selon l’Ayur Veda ?
Dans l’Ayur Veda il apparaît que la santé est l’état naturel et normal de l’être humain. C’est la maladie qui est une déviation. Nous ne nous rendons pas bien compte que nous en sommes venus à un tel degré de fatalité et de dépendance, que nous trouvons normal d’être malade dans certaines circonstances, en particulier en prenant de l’âge. On attrape un virus, la « gastro », et on a des rhumatismes comme des vieux. Et nous demandons à nos médecins de nous soulager de ces maux. La médecine moderne dispose d’un arsenal sophistiqué de moyens pour cela, et tant mieux. Mais ces moyens ont souvent des effets parallèles négatifs et induisent d’autres maladies. On accepte encore ces effets comme inévitables. Mais peu de personnes osent envisager de guérir, ce que par ailleurs les médecins ne leur proposent pas. A partir de la cinquantaine on commence à se faire suivre médicalement, c'est-à-dire à soigner son début d’hypertension artérielle, de diabète, de cholestérol, de ménopause, de prostate, de baisse de mémoire, de douleurs. On va vivre avec sa maladie, et ses traitements, parfois longtemps. Dans les temps anciens où s’est constitué l’Ayur Veda, la notion de croissance économique n’était pas le crédo des érudits et des sages. Et on avait l’innocence de dire que la maladie est évitable. Elle l’est toujours, bien entendu. Dans l’Ayur Veda, la maladie est due à une erreur.
Vous voulez-dire que l’Ayur Veda peut expliquer la cause des maladies ?
Oui. Pas de la même manière que nous le faisons avec notre science moderne, mais d’une manière toute aussi rigoureuse et logique. Et avec des instruments directement opérationnels. Je ne dis pas que l’Ayur Veda va soigner toutes les maladies. Chacun a sa vie personnelle. Il y a des personnes qui vont guérir, d’autres qui ne guériront pas totalement, mais toutes pourront avancer dans le sens d’une meilleure santé. Chacun est libre. L’Ayur Veda donne l’information ; c’est la carte routière. A chacun de se mettre en route et de faire son chemin. Un aspect important de l’Ayur Veda est que la cause profonde des maladies vient d’une erreur de la pensée. L’Ayur Veda étant la science de la vie, toute pensée qui ne vient pas servir la vie dans sa globalité, aura des conséquences sur la santé. En ce sens, l’Ayur Veda est confirmé par les recherches modernes dans les domaines de la psychosomatique et même de l’écologie. Dans l’Ayur Veda la santé comprend le corps, l’esprit, l’environnement, et leurs interrelations. Prenons le cas d’une personne qui a un excès de feu ; si elle a l’habitude de manger des épices fortes elle aggravera le feu et on ne sera pas étonné qu’elle ait par exemple des éruptions, des démangeaisons, des brûlures digestives, des poussées d’irritabilité, des relations conflictuelles. Si elle veut se sentir mieux il sera préférable pour elle, dans l’immédiat, par exemple de manger des aliments rafraîchissants, de chercher les ambiances de fraîcheur et la compagnie de personnes préférant éviter les conflits, et éventuellement aussi de se faire masser avec des huiles pacifiantes. Mais elle peut aussi voir ce qu’elle doit faire pour équilibrer son feu intérieur. Elle doit identifier l’erreur dans sa pensée, afin de pouvoir la corriger par la suite. L’Ayur Veda ne donne pas de méthode pour corriger l’erreur de la pensée. Ceci revient à d’autres branches du Véda. L’Ayur Veda nous donne le maximum de moyens pour corriger les conséquences physiologiques de ces erreurs. C’est là son domaine. Et c’est là sa connexion avec les autres dimensions des sciences de l’être humain.
Vous voulez-dire que la cause des maladies est dans l’esprit ? Qu’elle est de nature spirituelle ?
Oui. On peut dire cela. L’Ayur Veda le dit clairement. Et cela rejoint les démarches modernes des psychothérapies. En Inde, la connexion de l’Ayur Veda avec la sagesse du Yoga est étroite. Car le Yoga est une connaissance des moyens pour rétablir la paix et l’harmonie entre les différents constituants de l’être humain. Les praticiens de l’Ayur Veda ont en général également introduit naturellement le Yoga dans leur vie. Et à l’inverse on peut dire que les grands Yogis qui ont réalisé l’union corps esprit sont, aussi, en bonne santé. Mais on peut également pratiquer l’Ayur Veda avec n’importe quelle autre démarche spirituelle personnelle ; l’important est la connexion avec ce qui est au coeur de chacun.
Vous voulez dire que le praticien d’Ayur Veda est aussi un sage ?
Oui, à condition de s’entendre sur le mot. Le mot « sage » a quelque chose de suspect ; de nos jours, il est mal vu d’être un sage. Mais la sagesse ne consiste pas à se conformer à une quelconque doctrine rigoureuse et sclérosante. La sagesse c’est servir la Vie, être en harmonie avec la Vie, ne pas entraver le processus de la Vie, agir de manière harmonieuse pour soi et les autres. On ne devrait pas accepter de raisonner comme si la vie était une lutte. Il n’y a pas lieu de se battre contre les maladies, ni contre les erreurs, ni contre personne. Il suffit de se rappeler que les forces naturelles de la vie tendent vers la santé et l’harmonie, et que la seule chose à faire est de mettre son attention à dépister les erreurs qui entravent le processus de vie, et de les éviter. La vie existe déjà. On n’aura pas un supplément de vie avec toujours plus d’appareillages sophistiqués et de chimie toxique. Au contraire ceci nous éloigne de la véritable santé. L’Ayur Veda n’utilise comme instrument que nos dix doigts et nos cinq sens. Et cela suffit.
Comment en savoir plus sur la pratique de l’Ayur Veda ?
J’ai étudié l’Ayur Veda avec des praticiens indiens de grande qualité. Certains avaient développé la prise du pouls de manière telle qu’ils pouvaient déterminer quel organe était malade, depuis quand, dans quel état il était actuellement, ou savoir que la personne avait été opérée et à quel âge. Leur connaissance des remèdes également était telle qu’ils savaient directement par le pouls quel remède donner. J’ai vu des résultats étonnants. Et aussi ce qui ressemblait à des échecs, comme je le disais tout à l’heure. Il faut reconnaître que cet art exige un entraînement long et rigoureux avec des enseignants de qualité ; or ils sont rares et bien loin pour nous. Pour acquérir les bases il est bon de lire les nombreux livres qui existent sur la question ; mais c’est comme pour toute chose, rien ne remplace le travail de terrain avec quelqu’un qui nous guide. Ces experts que j’ai fréquentés me sont apparus comme de grands maîtres, et je pense qu’il nous faut avoir l’humilité d’apprendre ce qu’ils savent, et qu’ils acceptent de transmettre, avant que cette connaissance ne disparaisse.
Merci, docteur, de nous faire partager votre enthousiasme et votre regard sur l’Ayur Veda.
Jean Estrangin, médecin Homéopathe à Grenoble
Interviewer : Renée Findris
Le sens du toucher est notre premier mode de communication (dès la 8e semaine de gestation) et le dernier à subsister en fin de vie.
Son importance est primordiale à tous les stades de la vie, et tout particulièrement pour le nouveau-né. Pour comprendre ses besoins, il faut considérer que la véritable durée de gestation est en fait de 18 mois, 9 mois dans le ventre de la mère (ceci est assez connu !), et 9 mois à l’extérieur dans la dyade mère-enfant (cela l’est beaucoup moins...).
Durant cette période, l’embryon puis le bébé se vit comme unifié au monde qui l‘entoure. L’haptonomie est la science du toucher affectif (cf le livre de Franz Veldman). Elle permet aux futurs parents d’entrer
en contact avec leur bébé, en touchant le ventre de la mère. Un dialogue par le toucher peut déjà s’établir, permettant aussi au père de s’investir.
Au cours de la naissance, les contractions utérines du travail représentent, outre leur fonction vitale, des séries de stimulations brèves et intermittentes calculées pour activer les systèmes vitaux et assurer leur fonctionement postnatal.
Les bébés prématurés présentent souvent des problèmes de comportement, et les prématurés nés par césarienne ont un taux demortalité 3 fois plus élevé.
Pendant la période d’allaitement, le bébé découvre le corps de sa mère (cf le stade oral en psychanalyse) avec ses lèvres, avec ses mains... au cours des soins qui lui sont donnés : toilette, bains, massages (quand il a la chance d’en recevoir !...)... il acquiert peu à peu son schéma corporel, développe sa sensorialité, et se prépare ainsi à devenir plus tard une mère ou un père tendre, ayant le sens du contact.
Dans son livre « La Peau et le Toucher », Ashley Montagu écrit : « les réactions de la mère devant son nouveau-né dépendent en grande partie de son expérience en tant que bébé, puis comme enfant, et, dans une moindre mesure, de son éducation et de sa maturité ». Si la mère n’a pas acquit ce qu’est un comportement maternel, soit en le vivant en tant que bébé, soit par apprentissage, elle se révèlera probablement maladroite et mettra en danger la survie de son enfant.
Le psychanalyste et pédiatre Donald Winnicott a mis en évidence le rôle de contenant de la mère, qui fait référence au holding, besoin vital d’être tenu, contenu, soutenu, pour le petit bébé, mais aussi pour l’adulte que nous sommes.
En Afrique, en Asie, en Indonésie, et chez les Esquimaux, ce besoin primordial de contact du bébé est véritablement pris en compte, puisqu’on peut observer qu’il reste en contact permanent avec sa mère, peau contre peau, ou qu’il est pris dans les bras d’un autre adulte, mais qu’il n’est pas laissé seul avant qu’il soit en âge de marcher.
Á l’autre extrême dans la diversité entre les peuples en matière de toucher, on trouve les USA, où l’enfant et sa mère sont tous les deux vêtus, même pendant l’allaitement au sein. De ce fait, l’enfant ne connaît de la peau de sa mère que la poitrine, et peut-être quelques caresses à nu, occasionnellement. Dans la position de l’allaitement au biberon, qui est de règle dans cette culture, les stimulations tactiles actives et passives que reçoit l’enfant sont réduites au minimum.
L’attention des bébés américains est distraite de la relation personnelle à sa mère par toutes sortes de jouets. La croyance de base est que le bébé doit apprendre à être tout seul !
Et que donne cette éducation ? Des adultes souvent très individualistes, matérialistes et grand consommateurs (l’argent et le pouvoir sur l’argent peut venir combler un manque de toucher fondamental), qui érigeront en norme absolue une société anti-contacts physiques...
Philippe FRÉQUELIN
Thérapeute psychocorporel
Emotions d’hier ou d’aujourd’hui
II y a des tristesses qui ressemblent à cette feuille humide d’automne prête à tomber et il y en a qui débordent de nos poitrines comme si tous les arbres de tous les temps se dénudaient instantanément dans nos coeurs.
Il y a des peurs qui ressemblent à ce petit coeur qui bat dans la poitrine de cet oiseau blessé ramassé sur le trottoir et il y en a qui liquéfient notre sang sous les mugissements inaudibles d’un monstre invisible venant d’un monde oublié.
Il y a des colères qui ressemblent au bruit du gorille cognant son poitrail et il y en a qui grondent dans les entrailles de la Terre pour exploser et frémir malgré nous par le volcan et le séisme.
Il y a des réflexions qui ressemblent à cette lune qui se regarde dans le miroir d’un lac paisible et il y en a qui deviennent un délire sans sommeil qui cherche à recoller chaque petit reflet éparpillé dans une eau déchaînée.
Il y a des joies qui ressemblent à un sourire d’enfant qui dans son innocence court après un papillon et il y en a qui explosent de manière démoniaque comme un délire dont la nature ne nous donne aucun exemple.
Il y a des émotions et des sentiments qui se livrent avec le seul poids du présent et il y en a qui explosent d’une pression contenue depuis la naissance sans jamais se désemplir.
La Vie, la Nature, nous a dotés de ces cinq soupapes afin que nous puissions vivre en toute authenticité ce qui s’offre à nous dans l’instant. Vivre sa tristesse quand elle est présente. Exprimer dans le mouvement la peur quand elle nous prend. Gronder sa colère maintenant et non demain. Réfléchir en restant les pieds dans la réalité. Accueillir la joie et le plaisir quand ils nous inondent.
Je pense, donc je fuis…
Tout cela serait à vivre dans le présent et si rien ne venait obstruer nos cinq soupapes, nos sentiments et nos émotions pourraient se libérer au fur et à mesure de notre vécu. Il se fait que la Vie, la Nature, a doté l’être humain d’un principe supplémentaire : la pensée réflexive. Grâce à elle, tout être peut donner un sens à ce qu’il vit et manier sa volonté en direction du prochain but à atteindre. A cause d’elle, tout être peut se tromper dans l’interprétation des choses qui lui arrivent et orienter sa volonté dans une direction qui l’écarte de son essence intérieure, de sa propre vérité, de ses qualités naturelles qui depuis toujours étaient déjà là en lui.
Inconscient, quand je te construis !
L’homme dans son orgueil ou dans son âme blessée persistera et signera son erreur ; s’évertuera à démontrer au monde que son mensonge est en fait la vérité et la réalité. Il deviendra acteur de sa propre mascarade dans cette ironie que seul l’être humain peut engendrer, celle de ne plus se souvenir qu’un jour il a décidé cela. Il bloquera toutes émotions qui lui rappelleront de mauvais souvenirs, il continuera à les bloquer alors qu’il aura depuis longtemps oublié pourquoi il les bloquait. Ceci sera devenu cela. Le conscient sera devenu inconscient.
Aimez-moi, aimez-moi…
Tout homme, toute femme, est profondément de bonne foi. Il ou elle peut faire mal mais, de manière exceptionnelle, fait le Mal. Il y a une réelle innocence dans la souffrance que l’humain s’inflige à lui-même. A qui sait y regarder de plus près, on pourra voir derrière chaque gémissement, derrière chaque cri, derrière chaque insulte qu’il profère, une personne qui dit : « De grâce aimez-moi, comprenez-moi, reconnaissez-moi, rassurez-moi ! ». Mais c’est qu’on lui fait mal, exactement là où il a tant été privé de l’essentiel, à savoir de l’amour, de la compréhension, de l’estime, de la sécurité, de l’expression libre.
Peut-on dire qu’il y a des êtres vierges de blessure sur notre planète ? S’il y en a, ils sont extrêmement rares. Il nous reste donc tous les autres, les imparfaits ou les profondément humains et qui apprennent à vivre l’humanité. Partant de ce constat, il y a chez tout un chacun une part d’ombre et une part déjà éclairée. Comme c’est impressionnant de constater à quel point l’ombre attire l’ombre, à quel point l’ombre engendre l’ombre ! Mais surtout à quel point durant des années on ne s’en rend pas compte.
Les lois simples de la Vie
Il se fait que la Vie, la Nature, est bien faite. Elle fonctionne selon des lois simples. Cela pourrait se résumer en ceci : chaque fois que tu t’écartes des lois de la Vie qui est en toi, tu t’exposes à des souffrances, faibles et à peine visibles au début et de plus en plus aiguës à force de persistance dans la même direction. Chaque fois que tu es en phase avec les lois de la Vie qui est en toi, tu peux vivre le sentiment qu’est la joie ainsi que tous les autres sentiments même désagréables dans la juste mesure du présent. Le sentiment fugitif est remplacé progressivement par la constance.
Je veux juste être bien… et j’y travaille !
Que cherchons-nous après avoir tant essayé « les choses de la vie » ? Beaucoup arriverons au constat suivant : être bien, sentir que je vis pleinement, ressentir de la joie et du plaisir, etc. Tout est revenu au point de départ : Soi. Et c’est un beau point de départ que celui de prendre conscience qu’il y a un travail à mener sur soi. De sentir que les années n’ont ménagé ni notre corps, ni nos dimensions émotionnelle et mentale. Qu’il y a tant de noeuds à défaire qui trouvent leur source dans l’enfance, dans notre propre nature ou encore dans l’histoire de nos générations passées. Que la Vie, que l’Energie Vitale, qui aurait dû couler sans obstacle s’est vue entraver par nos constructions mentales, par nos blocages émotionnels, par nos mémoires cellulaires, témoins de nombreuses souffrances. Mais la Vie trouve toujours son chemin et si vous ne la laissez pas passer, Elle forcera le passage de biais ou de traverse. Elle fabriquera une nouvelle vie dans vos organes ou de nouveaux comportements aberrants dans votre psyché parce que rien ne peut arrêter son expression. Elle viendra toujours vous dire qu’Elle est là et qu’il est temps de vous prendre en main. Elle vous dit : « Mon enfant, tu es une frêle conscience qui est venue s’expérimenter, je t’offre l’Energie de Vie pour que tu puisses mener à bien l’ouverture de ton regard intérieur. Apprend à vivre dans ton essence, là où se trouvent toutes tes qualités et trouve le courage d’abandonner les personnages que tu as créés pour te représenter dans le monde. Au passage, comprend ce que tu n’as pas compris et réinstalle la vérité en toi. »
Les multiples voies du travail sur soi
Travailler sur soi n’est pas un luxe, ni un effet de mode, c’est le fondement même de la Vie. On le réalise sans rendez-vous et le premier cabinet de consultation est la Vie elle-même. Chacun cherchera à se libérer de ses fardeaux en empruntant la ou les voies qu’il ressentira être les plus justes pour lui : via un travail par le corps, via un travail émotionnel, via un travail mental, via un travail énergétique ou via des procédés qui combinent plusieurs dimensions à la fois. Quel que soit l’assistant praticien de la Vie que vous aurez choisi pour vous alléger, la Vie sera toujours le test ultime de votre avancement et de votre degré de bien-être. Le travail sur soi nous rapproche de nous-mêmes, nous libère de nos entraves en nous allégeant, nous rend notre capacité de choix libre, nous offre plus de lucidité, révèle nos qualités depuis toujours présentes, et laisse couler la Vie librement pour que s’exprime la Joie, l’Elan, la Créativité.
David FILIP
Psychothérapeute
Notre vie est sillonnée d’événements, de lieux, de rencontres et de départs... Ces moments-mémoire s’inscrivent dans notre coeur avec tendresse ou chagrin. Bien mieux qu’un agenda, ils marquent notre vie comme les rides sur le visage.
Si vous aviez quelques instants pour vous tourner en arrière, quels sont les 5 épisodes que
vous qualifieriez d’évènement fondamental dans votre existence ?
❚ La vie n’a plus été la même après
❚ Mon regard sur le monde a changé ce jour-là
❚ Quelqu’un d’important est entré dans ma vie ou l’a quittée
❚ Un rêve s’est réalisé ou s’est éteint
Dans les événements qu’un individu peut choisir, certains sont des tremplins qui nous propulsent humainement, d’autres figent le temps et nous emprisonnent insidieusement.
A 7 ans quand mon cochon d’inde adoré est mort, j’ai compris, ce jour-là, que la vie et le bonheur avaient une limite. Quand adolescente, j’ai quitté l’Europe pour la première fois, partant vers l’aventure, une force a mûri en quelques secondes, le temps d’un décollage d’avion.
Premier vélo, mariage, naissance de son premier enfant, accident de la route, mort d’un parent, réussite à un examen, divorce, etc... quelque-chose a grandi ou s’est figé.
Nos systèmes familiaux sont truffés de ces moments-mémoire souffrants où la pendule s’est arrêtée : la guerre, l’immigration, la faillite, la maladie, la mort d’un membre important...
Il y a un avant et un après. L’avant a gardé en otage une partie des sentiments et des émotions et parfois bien plus. L’après attend que les coeurs, enfin libérés de la nostalgie, grandissent.
QUELS SONT LES DEUX OU TROIS ÉVÈNEMENTS CLEFS DE VOTRE SYSTÈME FAMILIAL
DU CÔTÉ PATERNEL ET DU CÔTÉ MATERNEL ?
Pour certains systèmes, nous ne parleront pas d’événements mais d’empreintes qui enveloppent : la religion, la pauvreté, la famille nombreuse, la froideur, etc. Comme l’air que l’on respire, on ne sait pas quand et où cela a commencé.
D’autres, encore, connaissent l’empreinte et la marque du temps.
QUEL ÂGE ONT MES PARENTS, OU QUEL EST MON ÂGE DANS LE CŒUR DE MES ENFANTS ?
Chez Martine, la marque est très nette. Née dans une famille bourgeoise, la vie semblait couler sans embûche, jusqu’à ses 9 ans ; année où son cadet de 2 ans mourut d’accident. Après l’enterrement, on ne parla plus du jeune frère. La famille, écrasée sans doute sous le poids du chagrin, se disloqua. La mère se réfugia chez ses parents avec Martine et le père, enlisé dans la discorde avec sa belle famille, perdit son droit d’appartenance, il ne revit plus jamais sa fille. Pour Martine, la pendule de la vie familiale heureuse s’est arrêtée à 9 ans. Bien sur, elle a continué à grandir, elle s’est mariée et a construit sa propre famille. Mais en elle, il y a toujours une petite fille triste de 9 ans qui attend, des explications, le retour d’un papa, il y a une petite fille qui croit qu’il ne faut pas parler de ce qui fait mal, etc. Moins les ressources seront présentes pour traverser le choc, plus les aiguilles de l’horloge seront bloquées.
Cette petite Martine sera bien présente dans le coeur de ses enfants, il est bien possible qu’elle y occupe une grande place. Avant eux, c’est la Martine de 9 ans qui s’est mariée en blanc, tenant la main d’un époux qui pourrait bien lui servir de père. Quel âge a mon partenaire ?
C’est ainsi qu’en tant qu’enfant, nous portons en nous l’âge d’un parent, cette marque du temps qui a figé son coeur dans une souffrance.
Alors que je devrais pouvoir m’appuyer intérieurement sur un parent qui s’est fortifié au fil des épreuves, je rencontre sa blessure et elle me sert d’amarrage pour mon lien. L’enfant choisit de bâtir son lien sur la souffrance du parent, entre autre, pour trois raisons :
❚ la souffrance révèle inconsciemment la véritable identité émotionnelle du parent. Qui voudrait d’un parent qui n’a pas souffert lors de la mort de son frère ou de son premier fiancé ? Même si cette souffrance affaiblit le parent, l’enfant y sent la perspective d’une force en attente de se déployer. Un être, un couple qui a traversé des épreuves aura plus de consistance que celui qui en a été protégé.
❚ là où le parent s'est arrêté, l'enfant, inconsciemment, s'arrête aussi. Sur les chemins de randonnées, bien souvent tout le monde ralentit ou se pause au même endroit, avant une difficulté, à la fin d'une montée, pour admirer le paysage, etc.
Ceux qui ont marché avant nous tracent en quelque sorte le parcours. Libre à nous de prendre les chemins de traverse, mais l'enfant est plus enclin à suivre qu'à s'aventurer, cela viendra plus tard...
❚ enfin, le parent n'offre aucune autre image, il est tout à sa blessure, la belle au bois dormant est totalement endormie. Les enfants ne connaissent qu'une mère dépressive, un père alcoolique. Ils ne peuvent imaginer que derrière cette souffrance, réside un potentiel abandonné.
QUEL ÂGE AI-JE, SI MES PARENTS SONT PLUS JEUNES QUE MOI ?
Si, dans mon cœur, mon père a 12 ans et ma mère 3 ans, quel est mon âge ? Cela pourrait être l'âge d'une mère qui s'occupe d'eux, et ainsi nous trouvons des enfants qui nourrissent leurs parents depuis leur plus jeune âge. Je me souviens de cette mère de famille qui avait eu son dernier enfant vers 42 ans, d'une relation extra conjugale qu'elle entretenait depuis longtemps. Elle expliquait fièrement que sa fille de 5 ans était une vraie maman pour elle. La petite était prévenante et se souciait beaucoup des états émotionnels de sa maman. L'état d'enfant est mis de côté, et, parallèlement, une maturité émotionnelle doit se développer pour subvenir aux besoins des parents. Ainsi nous trouvons des enfants plus âgés que leurs parents.
Cet état de s'occuper de l'autre devient à l'âge adulte une habitude relationnelle.
On trouve des individus très doués pour sauver les autres, mais peu enclins à se valoriser et à prendre soin d'eux-mêmes. L'enfant intérieur, abandonné au profit des parents, continue à crier intérieurement et il peut inconsciemment se tourner
vers un frère ou une sœur, un partenaire, une secrétaire, un amant, et bien sûr ses propres enfants, pour recevoir " son biberon affectif " qui aurait dû lui être donné bien des années auparavant.
Et puis, il y a des enfants qui ont compris très vite que le parent est émotionnellement un enfant qui n'arrive pas à grandir, mais qui refusent de jouer le rôle de parent de substitution; ils préfèrent déserter. Cette désertion a un prix, c'est souvent celui de l'exclusion et de l'arrogance :
"papa, maman, je ne peux remplir le rôle de parent qu'inconsciemment vous me demandez de tenir, alors je me retire de notre famille, je perds mon droit d'appartenance". C'est un enfant qui quitte le système, pour lui la pendule s'arrête là, à ce renoncement au lien. Dans son baluchon de fugueur, il y a l'espoir qu'ailleurs un autre "vrai" parent, un autre système, meilleur, pourra le nourrir et le faire grandir. Il préfère l'abandon à la parentification.
Stéphane est l'aîné de Julien. Ce dernier a toujours vécu avec les parents, il a travaillé avec le père puis, à la mort de celui-ci, il a repris l'entreprise familiale et s'est installé auprès de la mère. Sa vie affective est un désert, traversé par quelques aventures sans lendemain. Stéphane est à l'opposé, il s'est montré très vite indépendant et a quitté le nid familial trop étouffant à ses dires... Il revendique le fait de s'être construit par lui-même. Sa nouvelle famille est son entreprise, il aime le challenge et le regard que lui portera son patron. Il a construit sa propre famille et exhorte ses enfants, spécialement les garçons, dès
leur plus jeune âge, à l'autonomie forcenée. Quand il vient consulter il est fatigué, en conflit avec ses fils, apeuré par l'intimité, coupable vis à vis de son frère, et son aspect supérieur cache un enfant seul et sans appui. Retrouver le
chemin de la maison sera notre travail...
QUEL ÂGE AI-JE, DANS MON SYSTÈME FAMILIAL ?
Spontanément, quels sont les membres de votre système qui vous attirent, que vous admirez, que vous les ayez connus ou non ?
En désertant la cellule parentale, certains ne vont pas très loin, ils demeurent dans le système mais changent de générations ou de camps. Je renonce au lien avec mes parents, mais je renforce celui avec mon grand-père ou avec l'oncle qui lui-même s'était exclu, ou avec la tante décédée, au destin particulier. Quels âges ont-ils, ces ancêtres que j'admire ? L'âge d'un héros de guerre ? Celui d'une jeune enfant malade, ou d'un immigrant nostalgique de sa terre natale ? Dans cette nouvelle alliance, une blessure nous attire aussi, mais elle est dans un ailleurs temporel où mon âge voyage. Cette identification désincarnée me procure le sentiment d'appartenance, sans la lourde implication de la parentification.
La douleur n'en est que plus voilée et grandissante; alors, avec elle, il faut reprendre le chemin des vivants et y trouver sa place.
Et si aujourd'hui je décidais d'avoir l'âge de la victoire, celle de mon système, celle de mes parents, et l'âge de ma victoire. Quand je regarde un système, je tourne mon cœur aussi vers les forces qu'il a développées pour traverser ses douleurs, ses épreuves ou tout simplement pour prendre sa place, prospérer, trouver le bonheur.
Cet ancêtre sicilien qui a quitté sa famille pour tenter sa chance en Suisse, je peux choisir de me relier à son adaptabilité, son goût de l'aventure plutôt qu'à sa douleur et sa nostalgie.
Et puis ces potentiels familiaux abandonnés sous le poids de l'éducation, de l'habitude ou de la peur, si je leur permettais de sortir de leur tombe et découvrais derrière ma mère, femme au foyer, un potentiel d'artiste qui ne demandait qu'à exploser, et qui a simplement végété dans les kermesses du village. Et puis mon père, aventureux dans l'âme, qui a renoncé à voyager pour s'occuper de sa famille. Ces talents et ces dons, ces rêves, si nous leur donnions le droit de transparaître un peu dans le regard que nous portons à notre famille ?
Et voilà que je sens ma pendule qui a hâte de rattraper le temps perdu et de sonner à tout vent, telles les cloches d'une cathédrale à l'heure du mariage ; le mariage du passé et du présent...
Farida BENET
Praticienne en Constellations Familiales
Genève et France
Des difficultés croissantes
Personne ne niera les avancées liées aux combats des femmes, allant du droit à l’avortement à plus d’égalité dans le travail. Celles-ci sont devenues beaucoup plus autonomes, moins dépendantes des hommes. Elles peuvent notamment plus facilement les quitter ; ce qui est le cas dans plus de 75% des séparations. Autrement dit, les femmes ont développé leur côté masculin, elles sont de plus en plus « yang » ; alors que parallèlement, les hommes ont été invités, eux, à apprendre à découvrir leur part de féminin, à savoir exprimer leurs émotions, leur «yin». Mais beaucoup sont déconcertés et anxieux devant ces femmes devenues « trop fortes » pour eux, alors qu’ils rêvent encore tout à la fois d’une épouse, d’une amante renouvelée et parfois d’une mère. Résultat, un sondage récent montre que le sexe n’est plus pour eux que le deuxième objet de plaisir, derrière les nouvelles technologies ! Parallèlement, les femmes demeurent obsédées par la preuve d’amour et de fidélité, gage à leurs yeux de leur sécurité affective. Elles veulent bien souvent un homme fort et tendre. Les attentes des uns et des autres sont donc bien paradoxales.
D’autre part, beaucoup de personnes reproduisent inconsciemment les comportements d’amour qu’ils ont observés, ou subis, dans leur enfance. Ainsi, un enfant qui s’est senti abandonné pourra devenir, une fois adulte, tyrannique et jaloux. Dans sa relation de couple, il mettra tout en œuvre pour reproduire inconsciemment cet abandon, et ainsi se persuader qu’il le méritait.
Difficile de s’entendre, donc. Il ne faut pas s’étonner qu’aujourd’hui, un couple sur deux ne « dure » pas plus de dix ans, surtout dans les grandes villes, où plus de 50% des gens vivent seuls. Les séparations se banalisent et les nouvelles unions restent souvent brèves.
Que sont devenues la passion et la sexualité avec tous ces changements ? On sait aujourd’hui que la « sexualité libre », que l’on croyait acquise depuis 68, a comme avant son lot de tabous, de simulations, de non connaissance des besoins de l’autre, donc son lot de souffrances pour les femmes comme pour les hommes. Considérées à tort comme inévitables, ces incompréhensions sont les principales causes des séparations.
Enfin, la « crise » récente vient dramatiquement amplifier toutes ces problématiques. Le travail, de plus en plus incertain, les menaces pesant sur notre environnement, etc…, accroissent le stress, qui se reporte insidieusement sur la relation.
Des chances nouvelles
La relation amoureuse durable ne va donc pas de soi. Elle se définit à partir de quatre composantes essentielles, qui constituent notre boîte à outils :
Difficile, certes. C’est un vrai travail de conscience pour l’homme comme pour la femme. Heureusement, comme ce travail nous concerne tous, la société a changé et des attitudes nouvelles sont maintenant dans l’air du temps.
Tout d’abord, on note une aspiration à se connaître soi-même. Mieux vaut arrêter de vouloir « tout » et commencer à se concentrer sur ses besoins essentiels. Essayez de trouver quels sont vos cinq besoins essentiels en Amour. De ce point de vue, la crise actuelle, malgré les souffrances qu’elle génère, est aussi par certains côtés une opportunité d’évolution. Car elle nous amène, bon gré mal gré, à passer du « tout paraître » au « moins consommer », et donc à affronter la question : « qu’est-ce qui est vraiment important pour moi ? » ; ce qui dans le domaine de l’amour est une aide précieuse.
Véritables porte-paroles de ce questionnement collectif, divers auteurs connus (comme Jacques Salomé : Parle-moi, j’ai des choses à te dire, Paule Salomon : La sainte folie du couple, Docteur Leleu : Le traité des caresses, John Gray : Mars et Venus, David Deida : Intégrer son identité masculine, Marie-Lise Labonté : L’amour Vrai,…) plaident pour plus d’écoute de l’autre, pour plus de connaissance et d’affirmation de soi, et ouvrent ainsi de très intéressantes pistes de réflexion.
Autre signe d’un changement très positif, il est beaucoup plus facile, beaucoup mieux admis qu’avant, de se faire aider quand ça va mal. Et de fait, cela peut être très utile. En médiation de couple notamment, quelques séances suffisent souvent pour éclaircir les besoins de chacun et permettre une communication sur un autre plan. Si ces quelques séances mettent à jour la nécessité d’un travail préalable avec l’un ou l’autre des conjoints, on parlera alors de thérapie « bi-relationnelle ». Ces démarches peuvent amener à une réconciliation, comme elles peuvent révéler l’évidence d’une nécessaire séparation. Dans les deux cas, chacun aura appris alors à mieux connaître ses besoins, ses comportements, ce qui l’aidera dans sa vie amoureuse ultérieure.
D’autres voies intéressantes se sont également « démocratisées », comme le TAO, science de l’équilibre, le Tantra, tradition indienne plus spirituelle que purement sexuelle comme on le croit trop souvent, la danse à deux, que ce soit Rock, Salsa, ou Tango, qui développe écoute, sensualité, échange social, plaisir, et activité physique. Citons aussi le massage de « bien-être » débarrassé de ses aprioris, qui apprend à écouter, à donner et à recevoir. Enfin, pour ceux qui veulent, seuls ou en couple, aller plus loin, il existe aujourd’hui des ateliers spécifiques qui apportent, outre l’apprentissage d’outils de changements comportementaux, relationnels ou sensuels, la richesse des témoignages d’autres personnes. Tous ont pour finalité de permettre à chacun de trouver les ressources qui sont en lui et ne demandent qu’à s’exprimer.
Et comment ne pas évoquer les sites de rencontres, devenus de véritables phénomènes de société ? Ces sites se veulent de plus en plus « psy » quant aux critères de recherche, et sont à l’origine de 30% des rencontres. Les risques associés au virtuel sont toujours là, certes, dont le premier est de se décrire tel que l’on se désire plutôt que comme l’on est vraiment (sait-on qui on est ?). Une seule consigne : passer au plus vite du virtuel au réel, et laisser alors parler son cœur. Mais le « net », c’est aussi les sites de proximité, reliant les gens d’un même quartier sur un projet aussi simple que boire un pot, voir un film ou partager des hobbies, générant ainsi des rencontres d’abord amicales, moins stressantes, plus naturelles.
Ainsi, de nombreuses possibilités de rencontre et de cheminement vers l’Amour se sont mises en place : alors faites-vous ce cadeau !
Thérèse DESPRES et Yves-Michel FAYOLLE
Thérapeutes de la relation Hommes – Femmes, Maîtres-praticiens PNL, Coachs
La Physique Quantique est l’appellation générale d’un ensemble de théories proposant une description du mystère qui règne au coeur de la matière. Elle a permis nombre d’applications technologiques ; mais avant tout elle est à l’origine d’une révolution complète dans notre conception du monde et dans notre rapport aux choses et à la définition de Soi.
LA PHYSIQUE QUANTIQUE : UNE NOUVELLE VISION DU MONDE
A l’échelle de l’infiniment petit, il n’est plus possible de décrire la réalité selon les lois de la Physique Classique, c’est-à-dire de façon déterministe. Interviennent de nouvelles notions telles que la non-localité, la superposition d’états, le principe d’incertitude : les particules observées peuvent apparaître à un endroit, et disparaître pour réapparaître ailleurs sans que l’on sache où elles étaient entre temps ; une même particule peut être à deux endroits en même temps, ou se présenter sous deux formes différentes simultanément ; deux particules très éloignées peuvent communiquer de l’information à distance, sans que la notion de temps n’intervienne !
De plus, dès que l’on observe les choses au niveau quantique, on les modifie du simple fait de les observer ! C’est-à-dire que c’est la conscience, l’intention de l’observateur qui va en partie déterminer le résultat de l’observation.
L'HOMME AU CŒUR DU PHÉNOMÈNE QUANTIQUE
Considérons maintenant le niveau subatomique de l’être humain. Le corps s’organise en cellules, elles-mêmes composées de molécules qui sont des assemblages d’atomes. A cette échelle, la Physique Quantique est donc reine.
Conformément aux lois quantiques, il y a donc dans notre corps des particules qui échangent de l’information à distance avec le monde extérieur. En particulier, nous communiquons avec les personnes que nous connaissons ou avec lesquelles nous avons été en relation.
Ce qui explique la télépathie, ou les fameuses coïncidences qui se produisent parfois lorsque, par exemple, deux personnes apparemment séparées se remettent en contact au même moment, après des années de séparation. Elles se synchronisent, se mettent sur la même longueur d’onde : c’est la coincidence !
La Physique Quantique appliquée à l’être humain nous fait comprendre par ailleurs que notre conscience, nos pensées, nos intentions, mais aussi nos sentiments ou nos croyances influencent notre fonctionnement au plus profond de notre être. Et ce sont de ces échanges d’informations subtiles que naît notre réalité à grande échelle.
ET LE RÊVE DEVIENT RÉALITÉ
Imaginons que sous l’impulsion d’une intention particulière - dans laquelle nous aurions mis suffisamment d’énergie - un grand nombre de particules de notre corps soient mobilisées ; alors le fonctionnement et donc la physiologie de notre organisme pourrait en être transformée. D’où l’importance de gérer les pensées qui nous habitent ! Nous comprenons qu’il est théoriquement possible de communiquer de l’information à distance et de transformer, dans une certaine mesure, l’état de notre corps. On peut donc imaginer la possibilité de transmettre de l’information à un individu pour restaurer l’état d’un organe donné ou d’une fonction. En établissant une « relation quantique », on transforme ainsi l’information cellulaire dans le but de retrouver une bonne santé. C’est ce que proposent aujourd’hui les Nouvelles Technologies de Bio-Résonance utilisées par les praticiens de santé.
A l’aube d’un nouveau millénaire, la Physique Quantique, cent ans après sa découverte, entre enfin dans nos foyers pour améliorer notre vie quotidienne.
Ce qui est déterminant dans notre expérience de la vie est à la fois la conscience que nous avons des choses et notre résonance avec le tout, puisque, ensemble, nous créons la Réalité !
Nicolas SOUCHAL
Conférencier et formateur
Consultant en Bio-Résonnance - France
Notre comportement dépend de plusieurs facteurs. Outre notre éducation, notre évolution au sein de notre famille, nous portons des schémas comportementaux qui viennent de notre enfance, de notre vie intra-utérine, du jour de notre conception et de nos ancêtres. Ils peuvent être conscients, à moitié conscients ou totalement inconscients.
D’après les travaux du docteur Marc Fréchet, à la date précise de notre conception, au moment x de notre création, nous enregistrons dans notre cerveau archiviste le climat de l’environnement, les projets et les conflits de nos parents. Cette période qu’il nomme le « Projet-sens » débute au moment où les parents désirent consciemment ou inconsciemment un enfant jusqu'à un an après sa naissance. Ainsi, tous les événements que la maman, le papa, la famille, la ville, la région, le pays et la planète vont vivre durant la gestation et l'accouchement auront un impact sur la vie du nouveau-né. De plus, nous savons aujourd’hui, grâce aux travaux de la psychogénéalogie, que les mémoires des deux lignées des parents, viennent intégrer le cerveau de l'enfant pendant cette période.
C’est pourquoi, prendre conscience de ce qui s'est passé durant notre vie intra-utérine, connaître les éléments de notre arbre généalogique, nous permet de réaliser que nos problématiques actuelles ne nous appartiennent peut-être pas entièrement…
Prenons l'exemple de Céline : son père et sa mère s’entendaient très bien, mais à sa conception sa mère avait des doutes quant à la fidélité de son mari ; Climat : doutes, adultère ; Projet : séparation ? Un jour, le doute était si fort qu’elle l’a suivi lors d’un de ses déplacements. Et là, elle découvre ce qu’elle redoutait. Enceinte de trois mois, elle est rentrée chez elle bouleversée et, par crainte de perdre son mari, elle n’a jamais rien dit… Céline portait donc en elle un stress qu’elle ne pouvait identifier, elle ne comprenait pas pourquoi elle rencontrait le même genre d’hommes, plus ou moins fidèles qui, au bout de trois mois, ne lui correspondaient plus… 3 mois, date qui correspondait au moment de la vie intra-utérine. Lorsqu’elle a pris connaissance de l’histoire de sa mère, elle a pu mettre des mots sur son comportement inconscient et tout est rentré dans l’ordre après quelques séances de thérapie.
Comme chacun de nous, notre rôle, notre mission est de casser la chaîne de certains schémas comportementaux transgénérationnels remplis de stress et d’angoisse, de reprendre du libre arbitre et de « sauver » les générations à venir…
Nous pouvons imaginer que les schémas comportementaux que nous avons enregistrés à la naissance forment comme une toile d’araignée et que chaque branche de la toile représente un comportement. Tout au long de notre vie cette toile va évoluer, l’intérêt étant de la faire évoluer dans le sens désiré. Parce que durant toute notre vie, nous allons traduire le sens de ces programmes inconscients, attirer à nous les gens qui sont programmés comme nous et nous allons reproduire ensemble ces programmes (dans un système binaire +/-, le même programme ou le programme inverse), jusqu’au jour où, grâce à une prise de conscience nous souhaitons nous en libérer. Alors, à ce moment-là, nous faisons place à l’évolution de nous- mêmes et de nos descendants.
De nombreuses techniques de thérapie permettent de recoder le cerveau inconscient dans le sens que nous désirons. On peut alors commencer à établir la liste des comportements que l'on ne souhaite plus vivre. Imaginer celle ou celui que l’on veut être dans telle et telle situation. Remarquer les moments où l’on se dit « C’est plus fort que moi » ! Ou « J’ai l’impression de ne pas vivre ma vie » Ou encore « Je suis à côté de mes baskets ! ». Se Renseigner alors sur les faits et événements qui nous ont portés lors de notre vie intra-utérine. Observer les similitudes avec notre vie biologique, laisser les émotions nous envahir, elles nous indiqueront ce qui est à prendre en compte. Etablir notre arbre généalogique et repérer les liens avec les prénoms (le plus souvent le deuxième prénom), les dates de naissance, les dates de conception, les dates de décès, les dates de mariage. Observer les personnes selon leurs numéros de fratrie (en prenant en compte les fausses-couches et les avortements), faire le lien avec son propre numéro …..On se rend compte que « rien n’est le fruit du hasard ! »…
Parfois une prise de conscience est suffisante pour accéder au changement mais d’autres fois, le schéma est tellement enfoui dans notre inconscient que des techniques de relation d’aide sont nécessaires. Nous pourrons alors faire appel aux archives de notre cerveau inconscient pour faire remonter l’information manquante au conscient. « La connaissance libère ».
L’important étant d’être conscient que nous avons la possibilité de nous libérer des schémas comportementaux qui nous empêchent de devenir celle ou celui que nous voulons être (au niveau comportemental). Albert Einstein disait que nous avons l’obligation de faire de notre vie un chef d’œuvre !
Patricia Gros d’Aillon
Mai 2010
Bibliographie
« Êtres naturels » : que veut dire cette expression ? Un être naturel est un être proche de sa nature et proche de la nature ; proche de ses propres rythmes naturels (respiratoires, alimentaires, sommeil...).
Notre vie d’aujourd’hui tend à nous éloigner de notre environnement naturel, pourtant si important pour notre équilibre. On oublie que s’y ressourcer régulièrement contribue à notre bien-être ; c’est un moyen de se nourrir à tous les niveaux : physique, psychique, énergétique. Or, lorsque l’homme perd le lien avec son environnement, il perd le lien avec lui-même.
À une époque où il ne se passe pas un jour sans que nous entendions le mot « écologie », la question se pose : pourquoi est-il si difficile pour l’homme de prendre soin de la nature, de sa propre planète, de son propre environnement ? Pourquoi est-il si difficile de créer un consensus entre les hommes de cette Terre au sujet de cette nature merveilleuse qui nous entoure ?
Les intérêts économiques ? Oui, bien sûr, mais pourquoi les intérêts économiques priment-ils sur notre qualité de vie ? Vient alors un début de réponse : bien souvent, l’être humain a du mal à prendre soin de sa propre personne, à se connaître, à connaître ses propres besoins, alors comment peut-il prendre soin de sa planète ?
Ces réflexions et ces parallèles s’imposent lorsqu’on se réfère aux sources de la médecine chinoise (2600 ans av J.C), qui a été mise en place pour que l'homme soit en harmonie avec le monde dans lequel il vit. Cette médecine est une véritable philosophie de vie inspirée du TAO, pour qui l'homme est un microcosme de l'univers. L'univers est en nous et nous sommes dans l'univers : c'est la loi de l'unité.
Dans cet esprit, l'équilibre et l'harmonie de l'être humain sont les valeurs prioritaires. … Pourrions-nous dire cela aujourd’hui, alors que ce sont les enjeux économiques et financiers qui priment ?
Dans notre société de consommation, tout tend à nous éparpiller, à nous entraîner dans une fuite de nous-mêmes et de notre propre nature. Sans faire le procès de l’époque moderne, il faut reconnaître qu’elle nous crée énormément de besoins, et donc de frustrations, car elle est basée sur des valeurs matérielles, non essentielles.
Nous nous sentons bien souvent impuissants, pris dans un engrenage, incapables d’apporter quelque chose de positif autour de nous. Comment pouvons-nous reprendre en mains notre qualité de vie et notre propre vie ? Mais tout d’abord, comment l’homme peut-il accéder à son intériorité, apprendre à se connaître, prendre soin de lui, pour se rapprocher le plus possible de cet Être naturel qu’il est au fond de lui ?
Qu’est ce que l’Être ? On peut aussi l’appeler le moi profond, cette partie de nous comparable au noyau d’une cellule qui se révèle à mesure que nous cherchons à nous connaître, que nous évacuons nos comportements parasites, tels :
La prise de conscience de ces comportements parasites et le travail pour les faire évoluer va permettre à la personne de progresser et de se rapprocher de son moi profond.
Il n’est pas dans tous les cas nécessaire de faire une thérapie longue. Cependant, à certains moments de notre vie, en fonction de nos expériences (et ce sont quand même les moins heureuses qui nous poussent à bouger), il est possible de faire évoluer des parties de nous-mêmes, de lâcher celles dont nous n’avons plus besoin et qui nous empêchent d’aller de l’avant. Ce peut être la peur de se frotter à la réalité, quand on préfère rester dans son monde d’illusions, ce peut être l’immobilisme qui s’est mis en place suite à des chocs émotionnels. Nous pouvons les faire bouger d’une manière rapide et globale.
Nous sentons bien parfois que dans telle ou telle situation, nous n’agissons pas de manière juste, que quelque chose sonne faux en nous. Une petite lumière intérieure clignote, ou une petite voix nous fait ressentir un malaise, un conflit intérieur. Dans ces cas-là, il est important de prendre soin de soi et d’être à l’écoute de ces parties de nous-mêmes.
Il existe une autre manière de prendre soin de notre Être : dans notre hygiène de vie au quotidien, par le respect de nos besoins et de nos rythmes, dans l’acceptation de notre individualité et de notre originalité. Chaque Être est différent. Et cette différence est porteuse de richesses. La vie en société risque, par mimétisme, de nous pousser à essayer d’être « comme tout le monde » ; or ce n’est pas possible, pas souhaitable, car c’est la diversité qui constitue la richesse.
Lorsque l’homme est en harmonie avec lui-même, il peut alors être en harmonie avec son environnement et chercher à le protéger. Observons et regardons comment nous agissons avec nous-mêmes et avec la planète. Cela nous amène à faire des parallèles entre :
En conclusion, un Être naturel (en opposition à artificiel) est quelqu’un proche de sa nature profonde, de ses sensations, de ses émotions, de son ressenti. Il avance dans la vie en connaissant ses désirs essentiels, il est à même de les mettre en œuvre et de les réaliser. C’est un individu authentique, en mouvement, et totalement conscient de l’être.
Françoise Koltchak
juin 2010
Elle s’appelait Monique, elle avait 52 ans. On lui avait découvert un cancer au sein gauche avec une métastase au foie. Elle n’avait rien vu venir, et sa vie basculait. Quelle vie ? Monique était mariée à un homme qui, depuis dix ans, était en invalidité à la suite d’un grave accident du travail. Celui-ci, acceptant mal son handicap, s’était mis à boire et déprimait. Monique était une femme sociable, d’esprit ouvert, mais ses besoins de sortir et de voir du monde se heurtaient au tempérament casanier et taciturne de son mari, qui ne voulait voir personne et ne se sentait bien qu’à la maison… et bien sûr, Monique s’occupait de lui, se dépêchant, au retour de son travail à plein temps, de faire les courses et tout… « Plusieurs fois j’ai eu envie de partir » me disait-elle, « mais je me culpabiliserais de le laisser ainsi, et puis il y a mon fils... ». Monique avait un fils unique, un garçon qui avait 18 ans lorsque son cancer s’est déclaré. A tort ou à raison, elle avait le sentiment d'avoir deux enfants à la maison…
Monique fit un jour une rencontre. Cet homme avait son âge, il venait de quitter sa femme, et le courant passa très vite entre eux dans une sorte d'amitié qui cherchait à se définir... Il avait à ses yeux toutes les qualités. Certes, il habitait un peu loin, mais chaque soir ils prirent l’habitude de se téléphoner, se racontant leurs journées, leurs difficultés, leurs espoirs… jusqu’au jour où l’homme se fit plus pressant envers elle. Monique n’était pas prête à plus d'intimité, et encore moins à l'idée de s'engager dans une autre vie comme il le lui demandait. Le désir de changer avait longtemps hanté ses rêves, mais quand le rêve devint réalité, elle en eut peur. « Je ne voulais pas faire de mal à mon mari » me disait-elle, ce à quoi je lui répondis que lorsque nos pensées nourrissent un rêve, il nous faut assumer le risque de voir ce rêve se concrétiser ! « L’énergie suit la pensée », dit-on, et tout commence en effet par une pensée.
Elle préférait garder une relation amicale, manière pour elle d'entretenir la douceur d’une présence attentionnée sans se sentir coupable d’un lien plus profond… mais l’homme, déçu de sa réserve, préféra rompre complètement plutôt que de souffrir d’une relation impossible. Dix mois après, Monique découvrit sa boule au sein… Elle était assez dépressive après cette rupture, et l'enchaînement entre son deuil et la survenue de ce cancer s'imposa naturellement à son esprit.
« C’est un peu cher payé pour une déception sentimentale » lui dis-je d’emblée. En me présentant sa situation comme un constat d'échec, Monique suscitait certes ma compassion, mais elle s'enfermait dans un sentiment d'impuissance auquel s'ajoutait ma propre impuissance... et ce n'était sûrement pas ce qu'elle me demandait ! J'avais trop l'expérience de ces malades qui pensaient avoir compris l'origine morale de leur maladie, mais d'une manière telle que cela les enfermait davantage encore. Si nous voulons comprendre quelque chose au cancer, comme à la maladie en général, il nous faut sortir de cette idée que ce qui nous arrive résulte d'une relation de « cause à effet ». Il y a bien sûr le tabac, les substances cancérigènes, les prédispositions héréditaires, et cette maladie résulte probablement d'un cumul de différentes causes qui viennent s'ajouter, mais il se peut que la cause psychologique soit l’étincelle déclenchante, à l'image d'une chaîne dont un maillon faible se rompt sous une tension violente ou trop prolongée. Nos états d'âme ne peuvent cependant pas s'expliquer ni se réduire à une relation de cause à effet. Non que l'idée soit fausse, mais parce que nous commettons régulièrement l'erreur de penser que la cause précède l'effet... Cet enchaînement semble pourtant logique, me direz-vous, à ceci près que si la maladie continue d'évoluer, c'est probablement parce que la cause est encore dans le présent. De surcroît, l'idée que la cause soit dans le passé nous amène à vouloir la « comprendre » dans l'espoir d'en réparer les effets, ce qui, au passage, nous rend plus ou moins coupables ou victimes de ce que nous avons vécu... Et s'il n'y avait rien à « réparer »? Imaginez en effet que la cause ne soit pas seulement dans le passé mais aussi dans l'avenir ? Oui, je le concède, l'idée bouscule un peu. Mais au lieu de nous attacher aux événements du passé, nous n'aurions plus à « comprendre » ni à réparer mais à découvrir... et cela changerait tout !
Revenons à Monique. « L’idée qu’un jour viendrait le prince charmant vous a longtemps permis d’accepter votre situation conjugale » lui avais-je dis, ce qu’elle approuva sans hésitation. « Votre vie s’est construite autour d’une attente, et votre désir de vivre est resté suspendu à cette attente. » Monique m'écoutait avec attention, et j'ajoutai : « Quand notre désir de vivre se lie à une telle attente, il se met en danger. Car un jour vient où il est clair pour nous que ce que nous attendons ne se réalisera jamais. Et là... » Monique ferma les yeux, puis après quelques secondes de silence elle répondit : « C'était l'homme de ma vie, et il n'y en aura pas d'autre. »
Qu’en savait-elle ?
« Qu'est-ce qu'un cancer ? » repris-je alors. « C’est un groupuscule de cellules qui se révoltent et qui virent à l'anarchie. Regardez-les : elles se multiplient, elles se libèrent des limites imposées, elles voyagent... Bref, ce qu'elles expriment est un désir de vivre débridé, un désir sans contrainte, certes, mais qui n'a plus de sens. Un désir qui implose, faute d’avoir été réprimé, ou mal orienté, mal entendu. Et pendant que le malade se demande quel est le sens de sa maladie, autrement dit « pourquoi » il est malade, c'est comme si dans son corps ses cellules se demandaient pour quoi elles vivent... Alors, maintenant, dites-moi de quoi votre désir de vivre étouffe…»
Monique soupira, puis elle évoqua à nouveau le poids de sa situation conjugale. Comme elle le décrivait, cela paraissait tellement sans issue... « Si je peux me permettre », repris-je doucement, « il me semble que vous n’êtes pas coincée par votre mari mais par l’idée que vous devez le servir. Et cette idée met sur vos épaules une telle pression qu'elle vous place devant le choix de rester ou partir... tout en vous déniant ce choix ! Vous n’êtes pas prisonnière de la réalité, mais vous l'êtes de cette contradiction dans laquelle vous plonge l’idée que vous avez de votre rôle. »
« Mon rôle ? » reprit-elle.
« Oui, pourquoi le sein ? Le sein est un symbole de maternité et de don. Vous protégez votre mari, vous le « nourrissez » dans tous les sens du terme, mais cela n’est pas juste pour vous, et c’est comme une révolte silencieuse qui s’exprime dans le corps, là précisément… Vous vous demandez s'il faut quitter votre mari et je ne répondrai pas à cela, mais avant toute chose, peut-être est-ce votre rôle qu’il vous faudrait quitter ? » Monique m’écoutait avec attention, et j’ajoutai : « Si vous aviez un peu de temps libre, rien que pour vous, que feriez-vous ? »
Elle évoqua alors son désir de se rendre utile et de s’engager dans une association d’entraide. Sa fibre « maternelle » étouffait dans une relation à sens unique, et l’idée de l'élargir à un cercle plus grand amena une lumière dans ses yeux. Il y avait beaucoup d'amour en elle, mais cet amour semblait se consumer dans une situation dans laquelle elle ne se retrouvait plus. Oui, elle avait le droit de vivre sans pour autant se sacrifier, il lui fallait simplement bousculer le schéma auquel elle s’était liée depuis si longtemps… Monique était l’aînée d’une famille nombreuse, et elle avait toujours appris que son « droit de vivre et d’être aimée » ne pouvait résulter que de son « devoir de servir ». Mais servir à qui, à quoi ? Lorsque le désir de vivre qui nous anime s’enferme dans une raison d’être étouffante et sans issue, ce désir se révolte, non pas pour casser la boutique, mais pour être entendu !
« Ce qui n’est pas juste pour vous ne peut pas l’être pour l’autre » avais-je insisté quand j'eus le sentiment que son mari s’était installé dans une confortable routine dont il ne sortirait pas sans quelque bousculade. Provoquer ce mouvement ne fut pas simple pour Monique, mais elle avait compris que c’était pour elle une question vitale, et cette conviction lui donna le courage d’affronter les résistances de son époux. Jusque-là c'était comme si, à l'instar de nombreux malades, elle était prise dans l'idée de « guérir, oui, mais pourquoi faire ? » : lorsque l'horizon nous semble bouché, qu'est-ce qui peut nous inciter à aller de l'avant ? Seul un changement de regard sur notre situation peut nous libérer de l'idée plus ou moins consciente ou cachée que « nous avons fait le tour » de ce que l'existence pouvait nous apporter. Ceci n'est pas une règle générale, mais les malades qui ressentent cet « horizon bouché », comme Monique, sont plus nombreux qu'on ne le pense, ce qui ne les empêche pas de se battre... Monique s'était battue surtout pour son fils, un peu pour son mari, quant à elle c'était une autre histoire ! Mais lorsque la joie de vivre s'empara à nouveau de tout son être, les traitements se firent curieusement plus efficaces.
Les obstacles sur la route ne manquent pas, mais comme un jeu dont nous retournons les cartes en les découvrant à mesure, certains atouts nous attendent, et l'un d'eux est une bénédiction lorsqu'il nous est donné la grâce de le tirer : celui de savoir de quelle « idée » nous souffrons.
Nous sommes malades de nos émotions, dit-on. Ce n'est pas faux, mais ces émotions, d'où viennent-elles ? Longtemps j'ai pensé, comme tout un chacun, qu'elles venaient de ce que nous avons vécu : si on m'adresse le reproche d'être incapable, cela va me mettre en colère. Mais cette colère ne me rendra pas forcément malade... à moins que, quelque part en moi, le doute surgisse : et si ce reproche était fondé ? Et si, comme n'ont cessé de me le répéter mon père ou ma mère dans mon enfance, j'étais réellement un incapable ? Alors, comme en écho à ce conflit venu de l’extérieur, va naître un conflit intérieur entre deux parts de moi-même, entre celui qui pense que ce reproche est sans fondement, et celui qui se dit que peut-être… et tout semble se passer comme si, en s’intériorisant, le conflit prenait le corps à partie. Après m'être forgé, dans mon adolescence, une image de moi construite contre ces douloureuses affirmations entendues dans mon enfance, c'est comme si je me retrouvais dans la même situation, avec la même douleur, mais cette fois c'est la douleur de trop. L'image que j'ai de moi, touchée dans l'intimité de ses défenses, ne peut plus faire appel à la colère pour neutraliser le reproche qui m'est adressé, le conflit devient intérieur et le doute me ronge, dans tous les sens du terme.
Qu'est-ce que ce doute ? C'est une idée qui me touche dans l'image que j'ai de moi. Je vais réagir contre cette idée, et cela provoquera une émotion. Si une maladie survient alors, mes efforts pour comprendre ce qui m'arrive seront comme une fusée à trois étages. Mais avant de monter dans les étages, n’oublions pas de « garder les pieds sur terre » et de rendre à la médecine ce qui lui appartient : le corps a besoin d’un traitement, cela va sans dire, mais c’est mieux en le disant ! Trop nombreux en effet sont les malades qui se disent que « si c’est dans la tête, seule la tête me guérira » : ils oublient que lorsqu’une émotion engendre une maladie, nous devons nous occuper de cette émotion et de sa conséquence dans le corps… Donc, suivons les traitements et les conseils de nos médecins, et c’est à cette seule condition que nous allons pouvoir nous « élever » dans la sphère psychologique où nous allons opérer trois prises de conscience, ce que j’appelle « les trois étages de la fusée ».
Le premier de ces étages est celui où je pense que, par l'émotion interposée, ce qui m'a rendu malade est un événement. En général, cela me laisse dans le sentiment d'être coupable ou victime, et comme nous l'avons évoqué plus haut ; ma guérison morale passera par un travail de réparation.
Dans le second étage, j'ai conscience d'avoir souffert, non de l'événement lui-même, mais de l'émotion que cet événement est venu réveiller : c’est une prise de conscience plus subtile, car nous nous rendons compte que ce n’est pas l’événement en lui-même qui nous a blessés. Lorsque nous sommes malades, c'est bien souvent parce que la douleur ressentie est entrée en résonance avec une douleur semblable de notre enfance ou de notre adolescence, un peu comme une vieille cicatrice que nous croyions fermée et qui s'ouvre à nouveau. Nous avons alors conscience de ne pas souffrir de l'événement, mais de la « question douloureuse » que celui-ci est venu réactiver en nous. La guérison passera alors par une acceptation de l'émotion et par un travail de pardon.
Dans le troisième étage, cependant, il n'y a plus rien à « pardonner »... car nous comprenons que toute cette émotion est partie d'une idée, et qu'en changeant l'idée, l'émotion se dégonfle : imaginez par exemple que vous éprouviez un profond ressentiment pour votre père parce qu'il n'a jamais su vous manifester son affection. Vous avez de lui l'image d'un homme dur, réservé, et un jour sur son lit de mort, il vous demande pardon... Avec surprise, vous découvrez la profondeur de son amour derrière sa profonde incapacité à vous l'exprimer... et vous découvrez que votre père a été un enfant sensible, qui s'est construit une carapace pour résister à ce qu'il avait perçu, lui aussi d'ailleurs, comme un manque d'amour. La perception, autrement dit « l'idée » qui avait nourri votre sentiment, s'évapore, et votre ressentiment se dégonfle comme s'il n'avait plus de raison d'être, et sans le moindre effort de votre part, ce ressentiment se transforme en un élan d'amour.
Nous ne souffrons pas de la réalité mais de la manière dont l’image que nous avons de nous est prise dedans : « percevoir » veut dire « voir à travers ». Nous ne voyons pas les choses comme elles sont, nous les voyons à travers une « idée » à laquelle l'image que nous avons de nous s'est attachée. Monique percevait sa situation à travers son sens du devoir, un sens venu de son enfance et de sa position d'aînée responsable, et de là lui était venue « l'idée » du rôle et de la place qu'elle devait tenir pour avoir le droit de vivre et d'être aimée aux yeux de sa mère, puis à ses propres yeux... et plus tard, c’est cette même idée qui l’empêcha d’adopter une position plus saine envers son mari…
La « guérison » qui s’opère à ce troisième étage, c'est celle du regard : lorsque nous prenons conscience de « l’idée » qui nous enchaîne, notre manière de voir les choses s’en détache, et c’est comme une porte qui s’ouvre… Alors, avec l’aide des traitements et si les circonstances le permettent, il est parfois permis que la guérison du cœur trouve un écho…
Philippe Dransart
Lorsque écologie rime avec écologie…
une attitude qui commence au-dedans
L’Homme est à l’image de l’univers, en perpétuelle mutation. Il est aussi à l’image de la terre ; comme elle, il est composé d’environ 75 % d’eau… étonnant ?!
A la superficie variée et changeante, au centre en ébullition, l’Homme et la planète qui l’héberge voient aujourd’hui se raréfier les éléments les plus essentiels à leur vie.
Une agitation frénétique et inconsidérée à la surface tend à briser ce lien, souvenir de l’Unité, qui unit la partie au tout…
Nous parlons aujourd’hui beaucoup d’environnement,
d’écologie, de sauvegarde des ressources naturelles, de Biosphère… nous vivons une nouvelle Conscience planétaire ! Mais qu’en est-il de notre environnement le plus proche, notre habitation de tous les instants ? Ce corps que nous négligeons si souvent et cet esprit que nous ne connaissons que si peu ?
Penser à l’environnement, c’est d’abord penser à son environnement, c’est-à-dire être à l’écoute de soi. Nous autres êtres humains, sommes le microcosme d’un macrocosme plus vaste dont nous sommes à l’image.
Un laboratoire d’exploration de notre Nature
Pour un promoteur d’écologie dans le sens complet du terme, le développement de Soi et l’harmonie avec l’environnement sont les deux faces d’une même pièce. Dans cette dynamique, il est possible de concevoir avec patience et amour, un lieu écologique qui héberge ateliers de développement personnel et stages pour nourrir notre être intérieur ou pour nous ressourcer.
Rencontrer l’autre, découvrir la nature, développer les arts, créer, partager, célébrer la vie… Quoi de plus naturel ? Et quel meilleur espace pour cela qu’un lieu en pleine nature, s’inscrivant parfaitement dans l’environnement ?
Les travaux seront menés avec une recherche d’esthétique, d’authenticité et de respect des matériaux locaux (pierres locales, bois de châtaignier, de chêne, tuiles canal…). Il s'agit de concevoir une ferme d’art, un lieu favorable à la création, l’échange et l’apprentissage. Dans le cas où il n’y a ni eau ni électricité, ce peut être une invitation à se mettre à l’écoute des cycles de la nature.
Un habitat écologique en harmonie avec l’environnement
L’eau nous vient du ciel ! Quand il pleut l’eau sera précieusement « récoltée » et acheminée dans des citernes. Grâce, en grande partie, aux réserves des pluies d’hiver, la période estivale sera assurée en eau. L’électricité nous vient du soleil ! Quand celui-ci brille, des panneaux photovoltaïques récupéreront l’énergie ensuite disponible pour toute la maison. A l’inverse de l’eau, c’est en période hivernale qu’il faut veiller à sa consommation.
En générant du compost nous rendons à la nature ce qu’elle nous apporte… Les eaux grises de la ferme seront recyclées par phyto-épuration : pendant l’été, elles sont filtrées par des bassins plantés de roseaux, pendant l’hiver, les eaux usées coulent dans un bac à broyat (branchages, fumier, chaux agricole, cendres…) qui au bout de deux ans devient du compost. C’est en amont, lors de notre consommation, que nous pouvons réduire les traitements nécessaires par la suite.
D’autre part une ferme équipée de toilettes sèches permet de réaliser une économie d’eau importante (environ 40%) et d’obtenir un compost très riche qui va ensuite fertiliser la terre et retenir l’humidité. Se chauffer l’hiver par le bois des arbres environnants, qui apportent l’été ombre et fraicheur, respecte au mieux la terre, le cycle des saisons, la place et la créativité de l’Homme tout en recevant le confort d’une vie moderne.
Nicolas SOUCHAL