Le Mouvement Régénérateur - Réactiver ses capacités innées d’auto-régulation

Accueil » blog » Articles » Le Mouvement Régénérateur – Réactiver ses capacités innées d’auto-régulation

Le Mouvement régénérateur, en japonais «  Katsugen undo  » («  mouvement de la force qui est à l’origine de la vie  »), est une méthode qui a été mise au point au XXe siècle par Maître Haruchika Noguchi et introduite en Europe dans les années 70 par Itsuo Tsuda, son proche disciple.

Cette pratique se situe dans le «  non-faire  » : au cours d’une séance, en effet, on n’exécute aucun geste, on n’adopte pas de postures, on ne contrôle pas sa respiration, on ne dirige pas l’énergie à l’intérieur du corps, pas plus qu’on ne cherche à guider le flot de ses pensées.

Seuls quelques gestes techniques, en début de séance, aident à lâcher prise. On pourra d’ailleurs s’en passer au bout d’un certain temps. La seule autre intervention volontaire, c’est le «  yuki  », ou expiration concentrée par la main, un geste qui s’apparente à ce que l’on fait tous spontanément quand on porte la main à un endroit où l’on s’est cogné. C’est une aide utile au début, mais qui ne fait que stimuler les réactions spontanées de l’organisme, sans jamais rien induire.

À part cela, on ne fait rien. On coupe toute activité volontaire, on se laisse simplement aller, sans rien attendre, ce qui n’est d’ailleurs pas toujours le plus facile au début… On donne ainsi carte blanche au système involontaire de l’organisme, celui-là même qui fait battre le cœur, provoque la sudation, déclenche bâillements et étirements, rires et larmes, cicatrise les plaies, ressoude les os fracturés, etc.

Par la pratique, on découvre que ce système involontaire est capable de détecter de lui-même l’origine des anomalies, tant physiques que psychiques, et de les régulariser, si toutefois elles ne sont pas trop avancées.

Pour ce faire, le corps va déclencher de lui-même les mouvements et les réactions parfaitement adaptés aux problèmes spécifiques de chacun. Il y a autant de mouvements que de participants : rotations de la nuque, torsions de la colonne vertébrale, extensions vers l’avant ou l’arrière, soubresauts, agitation des bras et des jambes, etc. Ces mouvements qui se déclenchent tout seuls, indépendamment de la volonté, peuvent surprendre au début, et pourtant ils ne diffèrent pas dans leur nature de ceux qui peuvent nous agiter la nuit, pendant notre sommeil, quand le système volontaire de l’organisme est déconnecté.

Les réactions au cours des séances ne se réduisent pas à ces mouvements corporels. Des émotions ou des situations parfois très anciennes peuvent remonter à la surface et des images, souvent symboliques, comme celles des rêves, peuvent traverser l’esprit. Il peut également s’opérer des prises de conscience spontanées, avec un éclairage très différent que celui apporté jusque là par la vision consciente. Là encore, on retrouve une des fonctions du rêve, qui fait partie lui aussi du système involontaire : préserver notre équilibre psychique.

Quelle que soit l’intensité de ces réactions, elles ne présenteront jamais le moindre risque, car l’instinct de conservation qui les anime n’agira jamais au détriment de l’organisme, qu’il est programmé pour protéger. La seule condition est de respecter la règle de base : laisser les choses se faire sans la moindre intervention, ni même la moindre induction. C’est un des rôles de l’animateur des séances de veiller à cela. Il existe d’ailleurs un test imparable pour distinguer vrai et faux involontaire : un mouvement généré par le système involontaire ne provoque pas d’accélération du rythme cardiaque, même s’il est très agité.

Pratiquer le mouvement régénérateur, c’est laisser s’exprimer la sagesse instinctive de l’organisme, pour qu’elle puisse mener à bien son travail d’auto-régulation, tant au niveau physique que psychique. On découvre alors que ses capacités dépassent de très loin tout ce que l’on pouvait imaginer.

Le processus de régularisation passe par trois phases. Après une première période de détente où des tensions parfois anciennes se dénouent, il y aura une phase dite d’« hypersensibilisation » où ce qui n’est pas en ordre dans le corps et dans le psychisme va remonter à la surface et se manifester. Des problèmes parfois très anciens peuvent ainsi réapparaître, parfois de manière aigüe. C’est la preuve qu’ils n’étaient pas vraiment réglés, mais que l’organisme, désensibilisé, ne les percevait plus. La réapparition de la douleur physique ou psychique est le signe qu’à la suite de la réactivation générée par la pratique, il est de nouveau capable de détecter les anomalies. Alerté par le signal d’alarme qu’est la douleur, il va mobiliser toutes ses capacités pour traiter le problème en profondeur. Après cette phase pénible mais incontournable, viendra celle de l’évacuation, qui régularisera les choses d’une manière définitive.

Ce nettoyage en profondeur aura des incidences sur tous les secteurs de la vie.

Au niveau physique, on constatera la disparition progressive de problèmes dont on pensait parfois ne jamais pouvoir se défaire. Il arrive que des dysfonctionnements jugés chroniques, ou qui n’avaient pu être régulés par d’autres moyens, disparaissent d’eux-mêmes. Cela ne veut pas dire bien entendu que tout peut être normalisé. Mais en dehors de cas d’urgence, ou de problèmes trop avancés, le corps et l’esprit, quand ils ont retrouvé leurs capacités originelles de sensibilité et de réactivité, sont effectivement capables de rétablir et de maintenir d’eux-mêmes leur équilibre. Ressentant plus vite et plus fort les perturbations, ils réagiront sur le champ, ne leur laissant pas le temps de s’installer et de dégénérer.

Cette régulation dépasse la seule régulation de déséquilibres connus. Ainsi, progressivement, la souplesse revient, la respiration descend dans le ventre, le centre de gravité s’abaisse, le geste redevient spontanément juste ; les pieds se réchauffent, la tête se rafraîchit, signe d’une meilleure répartition de l’énergie dans le corps, qui remet l’intellect à sa vraie place et réveille du même coup intuition, créativité et esprit de décision.

On découvrira une autre perception, plus immédiate et globale, des personnes, des situations et des lieux ; la sensibilité esthétique s’aiguisera, ainsi que l’empathie ; on verra disparaître des types de comportements que l’on croyait irrémédiablement liés à son caractère ou à son histoire ; l’action pourra jaillir indépendamment de notre volonté, pilotée par une intelligence « instinctive » qui nous dépasse.

L’énergie vitale, après s’être exprimée en nous, s’exprimera à travers nous.

Denis Emonet
Praticien du Mouvement Régénérateur

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *